ECOLE DU FUTURThe Conversation France – Avec le « low code » ou le « no code » : aurons-nous encore besoin de développeurs informatiques ?

14 mars 20220
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Le Président de la République veut généraliser l'apprentissage du code dès la 5e. Quelles conséquences attendre d'une telle mesure, en particulier sur le métier des développeurs ?

“À quelques semaines des élections présidentielles en France, plusieurs candidats ont fait part de leur volonté de développer davantage l’apprentissage du code informatique dans les programmes scolaires. Ce dernier est en effet déjà présent depuis plusieurs années dans de nombreux programmes scolaires et cursus de l’enseignement supérieur. De multiples auteurs et institutions considèrent que cette compétence est nécessaire pour tout citoyen de la société de l’information, quelle que soit sa future orientation. Au-delà de l’apprentissage d’un langage informatique (syntaxe et sémantique), l’apprentissage du code serait un atout pour développer des compétences dans la résolution de problème, la logique, la créativité ou encore l’esprit critique.

La programmation n’est désormais plus la seule voie pour développer des applications ou des sites Internet. Depuis quelques années, nous entendons parler des outils de « no code/low code ». Que sont ces outils ? Leur essor rend-il l’apprentissage des langages de programmation obsolètes ?

Qu’est-ce que le no code/low code ?

Les solutions no code permettent de créer des applications, ou d’automatiser des tâches sans utiliser de langage de programmation, ou alors en très faible quantité (il s’agit alors de low code). Trois avantages principaux expliquent l’essor de ces solutions. Tout d’abord, la création d’applications devient accessible à tous, sans nécessité de recourir au travail d’un développeur. Ce mode de création réduit de façon considérable le temps de développement, ainsi que de test des applications produites. Enfin, le coût associé est drastiquement réduit par rapport à un développement traditionnel.

Bien que ces solutions ne semblent dater que de quelques années, elles existent en réalité depuis plus de 20 ans. Les outils de création de sites Internet, comme Dreamweaver et FrontPage, reposent sur le même principe. Nous parlions alors d’outils « WYSIWYG » : what you see is what you get (« vous obtenez ce que vous voyez »). Ces outils permettent de créer des sites Internet sans aucune connaissance des langages de programmation associés.

Plusieurs éditeurs proposent depuis des années des outils de développement d’applications liés à des bases de données et n’utilisant pas de code. Nous pouvons citer par exemple Clarion, ou la suite de développement Windev. Jusqu’à récemment, seuls des adeptes de la technologie utilisaient ce type d’outil. Depuis quelques années, les outils se sont perfectionnés, devenant accessibles à un public plus large.

Les outils existants

Les applications qualifiées de no code/low code sont désormais des solutions intégrées grâce auxquelles des utilisateurs novices peuvent créer des applications complètes. Une formation à l’utilisation de la solution choisie reste nécessaire, mais elle ne requiert pas de compétence technique importante.

Nous pouvons distinguer d’un côté les suites complètes de développement, qui sont le plus souvent payantes, et d’un autre côté les outils de no code/low code dédiés à un seul usage, mais qui sont le plus souvent gratuits.

L’organisme Gartner dresse un panorama des différentes plates-formes de développement, et les présente dans le schéma suivant :

Parmi les solutions les plus présentes, nous pouvons noter la présence d’éditeurs très connus, comme Salesforce ou Microsoft. Ce dernier propose une solution Low-Code appelée « Power Apps », qui profite de la grande diffusion de la suite Office 365. Ces solutions permettent de créer et gérer une base de données, de développer des applications en lien avec ces données, et enfin d’automatiser des actions. Par exemple, il est possible d’envoyer des messages électroniques ou encore de créer ou trier des documents automatiquement.

De nombreuses solutions libres ou peu onéreuses existent pour des usages spécifiques. Pour stocker les données sous forme de tableaux, il est possible d’utiliser par exemple Google Sheets. L’outil Airtable permet de structurer les données et de les stocker sur le cloud WordPress permet de créer des formulaires et des contenus pour les mettre en ligne. D’autres outils permettent d’automatiser des processus, comme l’outil Zapier par exemple. Enfin, l’existence d’API (Interface de Programmation d’Application) permet de garantir la communication entre ces différents outils. Il est à noter que certains de ces outils peuvent être gratuits ou très peu onéreux au début, mais devenir payant s’ils sont utilisés à plus grande échelle.

Quels usages pour le no code/low code ?

L’essor de ces outils est concomitant avec un manque important de développeurs, en particulier en France. Cette pénurie s’explique à la fois par le manque d’attractivité du secteur par rapport aux autres pays, et par l’inadéquation de certains profils avec les besoins des entreprises. Les compétences mises en œuvre dans ce secteur évoluent sans cesse, et il est difficile pour les personnes en activité de maintenir à jour leurs connaissances

Le recours aux outils no code/low code est une alternative permettant aux entreprises de développer des outils internes rapidement et sans besoin de compétences fortes. Ce marché a augmenté de 22,6 % entre 2020 et 2021 et cette croissance devrait se poursuivre.

Les start-up et petites entreprises sont les premiers utilisateurs de ces outils. Ne pouvant se permettre de rémunérer un développeur, elles peuvent ainsi développer leurs propres outils de gestion. Les autres utilisations les plus courantes sont l’automatisation des processus, le développement de sites Internet et le traitement de données marketing. Dans les entreprises de plus grande taille, le no code/low code commence à s’implanter pour le développement d’applications métier spécifiques. Ces dernières sont souvent créées par les utilisateurs finaux, qui connaissent parfaitement leurs besoins et contraintes. Ces développements ne peuvent cependant perdurer sans un lien avec les services informatiques de l’entreprise pour garantir leur bonne intégration dans l’environnement numérique et une sécurité des applications développées.

La fin des programmeurs ?

Comme de nombreux autres pays, la France a inscrit l’apprentissage du code informatique dans les programmes scolaires depuis 2016. Comprendre la logique informatique est une nécessité, et l’utilisation des outils no code/low code nécessite bien de comprendre le fonctionnement d’une application informatique. Mais le développement de ces solutions ne va-t-il pas rendre le métier de développeur moins indispensable ? Le fondateur de GitHub (service Internet d’hébergement et de gestion de développement logiciel), Chris Wanstrath, disait en 2017 : « Le futur du code, c’est pas de code du tout ».

Cette déclaration peut sembler exagérée. Il est en effet très probable que le no code/low code remplacera le développement basique, mais il existera toujours un besoin pour des développeurs aguerris, que ce soit pour développer des applications plus complexes ou pour améliorer et sécuriser les applications développées à l’aide de ces outils.”


Source : theconversation.com, “Avec le « low code » ou le « no code » : aurons-nous encore besoin de développeurs informatiques ?”, publié le 14.3.22 par Delphine Billouard-Fuentes. https://theconversation.com/avec-le-low-code-ou-le-no-code-aurons-nous-encore-besoin-de-developpeurs-informatiques-178659

 

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