ENSEIGNEMENT SUPERIEURSciences Po, l’école des élites (L’Express)

27 avril 20210
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La prestigieuse école de la rue Saint Guillaume intéresse l'Express, qui enquête notamment sur les modalités des successions à la tête de l'Ecole.

Sciences Po, l’enquête inédite (1/3) : malgré le scandale Duhamel, un implacable entre-soi

Entre-soi, américanisation des études, idéologie “woke”… L’IEP de Paris traverse une crise majeure. Premier épisode de notre enquête inédite.

C’est un symbole, un totem, un lieu de prestige, de fascination, et de répulsion. Sciences Po, l’institution qui a formé cinq des présidents de la Ve République, est frappée par des vents mauvais. Au début de l’année, la chute en dominos de ses deux dirigeants emblématiques, Olivier Duhamel et Frédéric Mion, a éclairé d’un jour cruel l’entre-soi qui semble régner dans ce temple de “l’excellence à la française”. L’Express a souhaité creuser : gouvernance, pédagogie, idéologie… A bien des égards, mener l’enquête sur Sciences Po, c’est tendre un miroir à la société et à son élite. Plongée en trois volets et sept chapitres dans les eaux agitées de la rue Saint-Guillaume.

Chapitre 1 – La chute du roi Mion et de l’influent Duhamel

C’est fou ce qu’on peut trouver en rangeant un bureau. En vidant celui d’Olivier Duhamel, courant janvier, un appariteur de Sciences po est tombé sur son portrait grand format, tiré par un photographe professionnel. Les dimensions correspondaient exactement à celles des clichés des anciens présidents de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), qui trônent, depuis 1945, dans le couloir du deuxième étage de l’école, au 27, rue Saint-Guillaume. Avant de se retirer dans la honte, accusé d’inceste sur son beau-fils, des faits qu’il a reconnus, l’universitaire avait eu le temps d’assurer sa postérité. Et puis, non. Quand on lui demande que faire de ce portrait, Frédéric Mion, le directeur, exécute son “maître” et “ami”, comme il l’a présenté lors de la leçon inaugurale de l’établissement, en septembre dernier : “Jetez-moi ça à la poubelle”.

La crise a entraîné le divorce des deux hommes forts de l’institution. Ces cinq dernières années, leur tandem déséquilibré avait parfaitement fonctionné. A la tête de la FNSP, la fondation de droit privé censée surveiller et orienter l’activité de la direction de l’école, Olivier Duhamel n’est pas réputé pour sa connaissance des dossiers. Depuis son élection, en mai 2016, le professeur de droit public a décidé que l’instance tiendrait seulement quatre séances par an, de deux heures. Autant dire que la surveillance laisse une marge appréciable au directeur. Selon plusieurs membres du conseil d’administration, il arrive d’ailleurs souvent à Duhamel de démarrer la séance en lisant le procès-verbal de la réunion précédente, à la place de l’ordre du jour, sans se rendre compte de la méprise. Frédéric Mion, assis à son côté, est aussi fréquemment obligé de lui glisser dans l’oreille le prénom des administrateurs étudiants, que l’universitaire a toutes les peines à retenir.

Son véritable pouvoir, cet homme aux multiples réseaux, ex-député européen socialiste, président du Siècle, ce club du Tout-Paris accessible uniquement sur parrainage, invité du candidat Macron à la Rotonde en avril 2017, l’exerce hors de tout cadre officiel, dans les dîners en ville ou dans son antre de président de la FNSP, cette belle salle à manger au deuxième étage de l’école, dans laquelle il a installé son bureau. Olivier Duhamel y donne audience aux petites et grandes sommités de l’école, s’enquièrent de leur situation, de leurs ambitions. Le professeur de 70 ans, qui aime affecter devant les étudiants le détachement du mandarin revenu de tout, sait que le pouvoir réel découle de celui qu’on vous prête. Il n’oublie jamais de glisser que François Hollande lui a demandé de relire son dernier livre, qu’il a déjeuné avec Brigitte Macron ou que Nicole Belloubet, membre du conseil d’administration de la FNSP jusqu’en mai 2017, est devenue ministre de la Justice parce qu’il l’a recommandée auprès du président. Il n’intervient pas directement dans le recrutement des professeurs mais fait savoir qu’il en aurait la capacité, comme lorsqu’il croise l’historien Marc Lazar dans les couloirs : “Vous le prenez, lui, tu es sûr ? C’est un bon choix ?”. “Il recevait absolument tous les professeurs, faisait croire qu’il avait du pouvoir, vous faisait comprendre que vous étiez son obligé”, avance Aurélie Filippetti, ex-ministre devenue enseignante à Sciences po, la première à briser l’omerta sur l’affaire Duhamel dans l’établissement, ce qui causera la perte de Frédéric Mion.

Malgré la chute de son complice, le 7 janvier dernier, le directeur de Sciences po est resté dans un premier temps le “roi Mion”, comme l’ont surnommé des générations d’étudiants, souvent subjugués par son aisance, son élégance et sa courtoisie de personnage important qui pourrait vous prendre de haut mais n’en fait rien. Depuis des années, les sessions “Meet Frédéric Mion”, ces rendez-vous d’un quart d’heure en tête-à-tête que le directeur ouvre à tous les étudiants, se remplissent en dix minutes. Le conseiller d’Etat, arrivé à la tête de la grande école sur la pointe des pieds, en 2013, peut s’enorgueillir de nombreux succès, dans la lignée de Richard Descoings. Mais le mythe est écorché. Début janvier, lorsque le scandale Duhamel éclate, le directeur fait part de sa “stupeur” devant les faits reprochés à Olivier Duhamel. Il n’aurait été au courant de rien. En réalité, Aurélie Filippetti l’a alerté dès début 2018 sur les accusations d’inceste pesant sur le président de la FNSP. L’enquête diligentée par le ministère de l’Enseignement supérieur révèle en outre que Frédéric Mion en a parlé à Marc Guillaume, conseiller d’Etat et secrétaire général du gouvernement entre 2014 et 2020, ce qu’il a tenté de cacher jusqu’au bout. Mais en vain. Le 9 février, le “roi” déchu démissionne et quitte Paris dans la foulée. Pour la première fois de son histoire, Sciences po se retrouve sans-président et sans directeur. Plus grave, peut-être : la crise a attiré l’attention sur une des fragilités structurelles de l’établissement, cet entre-soi qui prend parfois le pas sur “l’éthique du dirigeant”, dont on vante pourtant l’importance dans tous les amphis de Sciences po. .

Chapitre 2 – La drôle de guerre de succession

“C’est l’école des élites, hein.” Aux mécontents qui lui reprochent l’endogamie maintenue par le collège des fondateurs de la FNSP, Louis Schweitzer oppose souvent, par cette phrase, l’histoire de Sciences po. Pas vraiment ce qu’affirmait l’ex-patron de Renault en début d’année. Il répétait alors avoir “entendu la musique de l’opacité et de l’entre-soi” et jurait d'”en tirer les conséquences”. Mais les choses ont évolué durant trois mois où tout a failli changer. Pour qu’au finish, rien ne change, ou presque. Les énarques de la haute société parisienne auront été remplacés par des clones de vingt ans de moins, plutôt que par des universitaires. “Je n’ai jamais vu un entre-soi pareil”, grince un fondateur dissident, qui promet de tout raconter à visage découvert le 10 mai, lorsque son mandat aura pris fin. A Sciences Po, temple de l’ouverture à l’international, un tout petit monde de hauts fonctionnaires, souvent passés dans le privé, continue de régner sur ce qu’il considère comme sa propriété.

Le 13 janvier dernier, Louis Schweitzer doit gérer une situation délicate. Cet inspecteur des finances de 78 ans souhaite assurer l’intérim d’Olivier Duhamel, avant le renouvellement des instances, en mai. Seulement, les statuts de la FNSP ont prévu une disposition redoutable : pour être élu, le président doit obtenir les deux tiers des suffrages. Occasion inespérée pour les enseignants permanents de peser sur l’institution, qui les maintient depuis toujours dans une position marginale. La sociologue Jeanne Lazarus, présidente du conseil de l’Institut, le sous-conseil d’administration de Sciences po, l’historienne de l’art Laurence Bertrand Dorléac et deux de leurs collègues posent leurs conditions. Ils ne voteront pour Louis Schweitzer que si un comité de sélection où ils sont représentés choisit le prochain patron de l’établissement. Ces professeurs veulent aussi avoir leur mot à dire sur les futurs membres du collège des fondateurs, ces dix administrateurs qui se cooptent entre eux depuis 1945, pour des mandats de dix ans renouvelables une fois, sans qu’aucune voix extérieure ne puisse s’y opposer. Six postes sont alors à attribuer. A défaut d’un engagement, le conseil d’administration sera bloqué et il faudra faire exploser la FNSP. Dans la discussion préalable, émerge aussi l’idée que le futur président soit plutôt de sexe féminin. “L’idée qui fait consensus, c’est que ce serait bien que ce soit une femme, sans que ce soit une condition obligatoire”, précise Louis Schweitzer, alors élu sur cette base.

Au sein du comité de dix membres, les enseignants proposent rapidement la candidature de Nonna Mayer, une chercheuse en science politique de 73 ans qu’ils ont convaincu de se présenter. Sitôt son nom sorti, celle-ci est critiquée dans la presse, notamment dans L’Express, par la voix de l’universitaire Xavier-Laurent Salvador, parce qu’elle défend les concepts d'”islamophobie” et de “racisme systémique” en France, un positionnement perçu comme proche des analyses de la gauche radicale. Le 29 mars, la chercheuse obtient six voix sur dix au sein du comité de sélection, puis, le 1er avril, seulement dix voix sur vingt-cinq au sein du conseil de la FNSP. La voilà blackboulée. Au téléphone, plusieurs membres fondateurs lui indiquent qu’elle n’a “pas les codes, pas les réseaux, pas la stature de présidente, que c’est une diviseuse”, détaillera Nonna Mayer au cours d’une visioconférence avec 135 enseignants de l’école, le 7 avril.

Ce jour-là, la candidate malheureuse pousse d’elle-même Laurence Bertrand Dorléac. L’historienne de l’art de 64 ans possède un CV plus présentable pour les fondateurs. “Frédéric Mion avait d’ailleurs pensé à elle pour prendre la suite d’Olivier Duhamel”, nous raconte Nicolas Metzger, président du conseil de l’Institut, entre 2016 et 2019. Habituée à travailler avec des mécènes, proche du sociologue Bruno Latour, qui l’a fait venir à l’IEP, en 2009, l’universitaire possède cette autorité naturelle qui inspire l’estime, même du plus impérieux des hauts fonctionnaires. Le 15 avril, la nouvelle candidate, qui jouit d’une bonne réputation dans les cercles enseignants et étudiants de l’école, est confirmée par la FNSP, à 20 voix sur 23. Trois candidats concurrents, les universitaires de Sciences po Pascal Perrineau et Bertrand Badie, ainsi que l’économiste Romain Rancière, en poste à l’université de Californie, ont été balayés.

Reste à nommer les membres fondateurs de la FNSP. Et à ce petit jeu, les hauts fonctionnaires gagnent. Le 20 avril, ils décident de coopter quatre énarques et seulement deux professeurs, Laurence Bertrand Dorléac et l’économiste Philippe Martin, ancien conseiller d’Emmanuel Macron. A leurs côtés, entrent Audrey Azoulay, directrice de l’Unesco et ex-ministre, Ramon Fernandez, directeur général délégué d’Orange et ancien directeur du Trésor ainsi que François Delattre, le secrétaire général du Quai d’Orsay, ainsi que l’inspecteur des finances Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, proche ami de Frédéric Mion et grand donateur de l’école. Il y aurait dû d’ailleurs y avoir deux inspecteurs des finances puisque François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, n’a renoncé que parce que son statut lui interdit une telle activité. A l’inverse, Michel Pébereau, l’ex-PDG de BNP Paribas, présent depuis trente-deux ans dans les instances de l’école, et Laurence Parisot, l’ancienne patronne du Medef, ont exécuté avant le vote la candidature de François Héran, professeur au Collège de France, trop à gauche, tandis que l’historien Patrick Boucheron a échoué à une voix près. “C’est une gifle pour tous ceux qui essayent de faire bouger Sciences po. L’exemple qui est donné aux étudiants est lamentable”, réagit Aurélie Filippetti, qui se félicite en revanche de la prise de pouvoir de Laurence Bertrand Dorléac.

Pour la nomination du prochain directeur, les espoirs de la faculté permanente se reportent aujourd’hui sur l’historienne, qui réfute, quand on l’interroge, tout ticket déjà ficelé et tout contact avec l’exécutif. Si elle ne cache pas, en privé, estimer Bénédicte Durand, l’administratrice provisoire, “très solide” et “courageuse”, Laurence Bertrand Dorléac envisage de doubler la procédure officielle du recours à un cabinet de chasseur de têtes. De quoi ouvrir largement le jeu. La nomination du nouveau taulier n’est pas attendue avant octobre, la nouvelle patronne devant patienter jusqu’au 9 mai pour être officiellement adoubée par la FNSP. La réunion était d’abord prévue le 28 avril, mais Michel Pébereau a refusé d’écourter son mandat de dix jours. Ultime pied de nez de l’ancien au nouveau monde.

Chapitre 3 – L’école qui fascine le pouvoir

Malaise autour de la table du conseil de l’Institut, le sous-conseil d’administration de Sciences po, ce 27 septembre 2018. Le président de l’instance, Nicolas Metzger, élu contre le souhait de la direction et donc souvent dans l’opposition, revient sur des failles constatées dans la sécurité numérique de l’institution. Une adresse email gérée par la direction de la formation de l’école a particulièrement retenu son attention : “Jusqu’à très récemment, on pouvait trouver en clair sur les Google Groups le mot de passe de l’adresse [email protected] : ce mot de passe était Macron_2018, ce qui en dit long sur la coloration politique des gens qui gèrent cette boîte mail”. Aucun représentant de l’école n’ose réagir.

S’il paraît délicat d’attribuer une couleur politique claire à l’institution, tant les profils de ses dirigeants sont divers, celle-ci gagne à entretenir les meilleurs rapports avec les gouvernants. A chaque exercice, la FNSP ne boucle son budget que grâce à la subvention octroyée par l’Etat, actuellement stabilisée autour de 65 millions d’euros. “”En 2016, on a choisi Duhamel à la présidence pour son réseau, ses liens avec les politiques, utiles quand on négocie les subventions”, siffle un membre du conseil d’administration, qui poursuit : “Mais c’est Mion qui faisait tout”.

En 2016, le directeur de l’IEP, pas dénué d’entregent lui non plus – il est parrain d’un des enfants d’Edouard Philippe – , a réalisé un coup fameux : il a convaincu le ministère de la Défense de lui vendre le superbe hôtel de l’Artillerie, et ses 14 000 mètres carrés au coeur de Paris, pour 100 millions d’euros, alors que Bernard Arnault en proposait 30 % de plus. Une facilité rendue possible par l’attrait que Sciences po exerce sur les politiques, parfois restés liés à l’école. A l’époque du deal, Frédéric Mion avait par exemple recruté comme directrice de la stratégie Brigitte Taittinger, épouse de Jean-Pierre Jouyet, alors secrétaire général de l’Elysée, et lui-même ancien membre de la FNSP. Quand elle arrive au ministère de l’Enseignement supérieur, en mai 2012, Geneviève Fioraso trouve quant à elle une lettre adressée cinq ans plus tôt par Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, à Valérie Pécresse, une de ses devancières, détaillant année après année, la subvention ministérielle à affecter à Sciences po. “Une augmentation de 40 % sur cinq ans était prévue”, sourit l’ex-ministre socialiste. Nicolas Sarkozy rêve alors de recruter Richard Descoings au gouvernement. Ces proximités résistent d’ailleurs aux changements d’ère. Lorsque ses interlocuteurs interrogent Louis Schweitzer sur ses liens avec l’exécutif, ces dernières semaines, le grand patron répond en souriant qu’il ne peut pas répondre à cette question.

Si les ministres gardent un oeil attentif sur la rue Saint-Guillaume, c’est aussi parce que l’école peut servir de point de chute appréciable en cas d’échec politique. Au sein du dernier gouvernement de François Hollande, pas moins de six ministres, dont Bernard Cazeneuve et Najat Vallaud-Belkacem, sont devenus enseignants à Sciences po. Une ligne sur le CV prestigieuse plus que lucrative. Enfin, tout dépend du profil de l’enseignant. Entre 2015 et 2017, Bruno Le Maire a réussi à se faire élire “professeur associé”, un statut avantageux qui lui garantissait un traitement de 1.900 euros net par mois environ, selon sa déclaration d’intérêts. Beaucoup plus que les 137 euros par mois touchés par le vacataire “lambda”, comme Laurent Wauquiez ou Emmanuel Grégoire, le premier adjoint d’Anne Hidalgo. Les enseignants vacataires sont en théorie rémunérés 72,87 euros brut de l’heure pour un séminaire et 98,18 euros pour un cours magistral. Selon des documents auxquels L’Express a eu accès, certains d’entre eux ont toutefois pu bénéficier d’un “super taux”. En 2016-2017, six enseignants de l’Ecole des Affaires publiques, deux hauts fonctionnaires et quatre universitaires, étaient rémunérés 150 euros brut de l’heure. Deux intervenants, l’entrepreneur Nicolas Collin et l’homme de médias Jean-Paul Cluzel, appartenant à l’inspection des finances, touchaient carrément 250 euros de l’heure. Contactée, la direction précise qu'”il existe un système de dérogation à titre très exceptionnel, qui concerne des personnes ayant une renommée nationale ou internationale, très experts dans leur domaine”.”


Source : lexpress.fr, “Sciences Po, l’enquête inédite (1/3) : malgré le scandale Duhamel, un implacable entre-soi”, publié le 26/4/21. https ://www.lexpress.fr/actualite/societe/science-po-l-enquete-inedite-1-3-malgre-le-scandale-duhamel-un-implacable-entre-soi_2149614.html

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