EDITOS ET ANALYSESPauvre bachot !

30 avril 20210
https://educfrance.org/wp-content/uploads/2021/04/nl40.png

En 1985, le ministre Chevènement fixait un objectif de 80% des jeunes de 18 ans qu'il fallait conduire au niveau bac à l'horizon 2000. Objectif à la soviétique. Il s'agissait d'élever le niveau de formation de base de la population, pour la faire passer du certificat d'études, en gros, au bac.

Mais voilà, en français, mathématiques et histoire-géographie de … la France, les bacheliers de 2021 ne maîtrisent plus ni les connaissances, ni les compétences dominées par un lauréat du certificat d’étude d’antan. Ils ont un vernis sur bien d’autres pans de la connaissance, mais les fondations, elles, flanchent. Cela se traduit évidemment par le recul, bien visible, de la maîtrise de la langue française, et la dégradation du niveau en sciences.

Que s’est-il passé? Pour atteindre les objectifs quantitatifs fixés, le gouvernement a multiplié les bacs professionnels et n’a cessé,  par ailleurs, d’abaisser les exigences du bac qui est devenu, disent les mauvaises langues, un “nouveau droit de l’homme”, acquis à la naissance…

En 2020, 95,7% l’ont décroché (ils étaient 88,1% en 2019). Souvenons-nous que seuls 63% des jeunes de 18 ans le détenaient en 1995, date à partir de laquelle le taux s’est naturellement stabilisé.

Démonétisé, il a cessé d’être utilisé pour le recrutement des établissements d’enseignement supérieur, comme en témoigne le fonctionnement-même de Parcoursup. L’avoir avec mention ne donne plus droit à grand chose depuis l’inflation desdites mentions. C’est un choix inverse à celui de l’Allemagne, dont les universités – excellentes et ouvertement hiérarchisées entre elles – recrutent sur le seul bac (sans concours d’entrée, dossiers ni lettre de motivation).

Il est temps que notre pays sorte de l’idéologie égalitariste et décide soit de rendre de nouveau sélectif le bac (qui n’a pas vocation à être un outil de cohésion sociale et de démagogie), soit de le supprimer tout à fait, en laissant chaque  établissement supérieur sélectionner les élèves sur ses propres critères, à commencer par un concours d’entrée.

Le bac Blanquer – qui crée un bac très coûteux à organiser et très peu lisible tant pour les familles que les recruteurs – ne répond pas à cet enjeu fondamental.

Si l’on ajoute à cela l’absence de transparence dans le fonctionnement de Parcoursup (qui censure les critères de recrutement fixé par les établissements recruteurs entre autres), on comprend pourquoi notre bac est devenu un outil à discriminer les moins informés et à accroître les inégalités.

Il y a urgence à inventer une nouvelle manière d’articuler le secondaire au supérieur. S’inspirer de modèles simples, stables et fortement décentralisés, comme le modèle allemand, ne serait certainement pas une mauvaise idée.

Anne Coffinier, Présidente d’Educ’France

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Nous suivre

Lettre d'information

Copyright © 2019/2020 – Conception : Aryup

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Privacy Settings saved!
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos cookies ici.

Veuillez noter que les cookies essentiels sont indispensables au fonctionnement du site, et qu’ils ne peuvent pas être désactivés.

Pour utiliser ce site Web, nous utilisons les cookies suivant qui sont techniquement nécessaires
  • wordpress_test_cookie
  • wordpress_logged_in_
  • wordpress_sec

Refuser tous les services
Accepter tous les services