L'ECOLE INCLUSIVE ?« Par quels mécanismes l’aptitude physique influence-t-elle les bulletins scolaires ? » (Le Monde)

26 avril 20210
https://educfrance.org/wp-content/uploads/2021/04/IMG_3602.jpg

De l'importance de l'activité physique à l'école... en raison de ses effets positifs sur les résultats des élèves.

“L’endurance est associée à de meilleures notes en maths et en français, grâce à une amélioration des capacités cognitives, selon une étude menée en Suisse auprès d’écoliers de 8 à 12 ans.

Dix mille pas et plus. Faire bouger les enfants, pour leur plaisir, pour construire leur capital santé, mais aussi… pour améliorer leurs résultats scolaires.

Depuis quelques années, les chercheurs étudient les liens entre l’activité physique (AP) des jeunes et leurs performances en classe. Ils s’intéressent en particulier à la capacité cardio-respiratoire, ou capacité aérobie, qui mesure l’endurance, l’une des six composantes de la condition physique.

En 2020, une méta-analyse d’une cinquantaine d’études a confirmé que l’aptitude cardio-respiratoire est positivement associée à la réussite scolaire, en particulier dans les domaines de la langue/lecture et des mathématiques. Les associations sont plus fortes chez les garçons que chez les filles, et chez les enfants que chez les ados, précisent les auteurs de cette revue de la littérature scientifique, publiée dans le Journal of Sports Sciences.

Mais par quels mécanismes l’aptitude physique influence-t-elle les bulletins scolaires ? Pour les explorer, des chercheurs de l’université de Genève (Unige), associés à un spécialiste américain de ce sujet, Charles Hillman (il est notamment l’un des auteurs de la méta-analyse citée plus haut) ont mené une expérience chez près de 200 enfants de 8 à 12 ans, scolarisés dans huit classes de primaire à Genève.

Marc Yangüez, assistant de la faculté de psychologie et des sciences de l’éducation (FPSE) de l’université de Genève, premier auteur de l’étude, et ses collègues ont publié leurs résultats en ligne dans la revue Medicine & Science in Sport & Exercisele 18 février.

Flexibilité cognitive

Les chercheurs ont d’abord mesuré les aptitudes physiques des écoliers à partir d’un « test-navette » consistant à faire des allers et retours entre deux lignes distantes de 20 mètres, à un rythme de plus en plus rapide. Combiné à la taille, au poids, au sexe et à l’âge, ce test permet de calculer la capacité cardio-respiratoire.

L’équipe genevoise a ensuite évalué leurs capacités cognitives, en concevant une batterie de neuf tâches couvrant les trois principales dimensions des fonctions exécutives : l’inhibition, la mémoire de travail et la flexibilité cognitive.

L’inhibition est la capacité à empêcher des comportements ou pensées intrusives. La mémoire de travail est la faculté à maintenir et à manipuler de l’information en mémoire vive. Quant à la flexibilité cognitive, c’est l’aptitude à passer d’une tâche à l’autre avec le minimum de coût cognitif. Par exemple, un des tests de mémoire de travail consistait à mémoriser une suite de chiffres, puis à la dire dans l’autre sens.

Enfin, à l’issue de l’année scolaire, ont été collectées les notes des élèves pendant les trois trimestres, en mathématiques et en français dans deux sphères : d’une part, la compréhension et l’expression de texte (français 1), de l’autre la grammaire, l’orthographe et le vocabulaire (français 2).

En combinant ces données, les chercheurs retrouvent une association entre les capacités cardio-respiratoires et les notes en mathématiques et français 2. Ils établissent toutefois que cette association est indirecte, en décomposant ces effets avec un modèle statistique, dit « de médiation ».

« En fait, la capacité cardio-respiratoire est en lien avec de meilleures capacités exécutives, et ce sont bel et bien les capacités exécutives qui influent sur les résultats scolaires, plus particulièrement la flexibilité cognitive », souligne dans un communiqué l’auteur senior de l’étude, Julien Chanal (maître d’enseignement et de recherche à la FSPE). D’autres études expérimentales et longitudinales seraient utiles pour établir une relation de cause à effet, et analyser plus finement les mécanismes cognitifs à l’œuvre, estime l’équipe genevoise.

Après la baisse dramatique du niveau d’activité physique pendant le premier confinement chez les enfants et les adolescents, et alors que les contraintes sanitaires pèsent toujours lourdement sur la scolarité et la pratique sportive, ces résultats sont une preuve de plus, si cela était encore nécessaire, que l’activité physique est une priorité pour les jeunes. Comme pour les moins jeunes, d’ailleurs.


Source : lemonde.fr, “« Par quels mécanismes l’aptitude physique influence-t-elle les bulletins scolaires ? »”, publié le 21/4/21 par https://www.lemonde.fr/sciences/article/2021/04/20/par-quels-mecanismes-l-aptitude-physique-influence-t-elle-les-bulletins-scolaires_6077449_1650684.html#xtor=AL-32280270

 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués : *

Nous suivre

Lettre d'information

Copyright © 2019/2020 – Conception : Aryup

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Privacy Settings saved!
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos cookies ici.

Veuillez noter que les cookies essentiels sont indispensables au fonctionnement du site, et qu’ils ne peuvent pas être désactivés.

Pour utiliser ce site Web, nous utilisons les cookies suivant qui sont techniquement nécessaires
  • wordpress_test_cookie
  • wordpress_logged_in_
  • wordpress_sec

Refuser tous les services
Accepter tous les services