École en nature, école des territoires“Pandémie du Covid-19. « Le plus important : préserver la continuité scolaire et maintenir le lien »”

25 mars 20200
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"Depuis la fermeture des écoles, les professeurs se sont mis à la tâche afin de préserver la continuité scolaire. Témoignage de deux enseignants d'un regroupement pédagogique."

« On comprend tout de suite qu’un gros travail nous attend ». Cet enseignant de Ravigny, petite commune aux portes d‘Alençon, revient sur sa réaction à l’annonce de la fermeture des écoles à compter du lundi 16 mars 2020 et jusqu’à une date encore inconnue.

« La journée de vendredi fut normale, les enfants avaient quelques questions mais sans plus. On voulait surtout profiter de cette dernière journée ensemble ».

Classe à quatre niveaux

Sa classe est composée de quatre niveaux (du CE1 au CM2) et compte 26 élèves.

« Tous les enfants sont repartis avec le matériel nécessaire pour travailler à la maison. Et durant le week-end, j’ai commencé à préparer les cours et envoyer les directives par mail aux parents ».

Soutenu par son inspecteur académique (avec lequel il a pu échanger tous les jours de la semaine dernière), l’enseignant met en place un rythme de cours à distance : des exercices (français et maths) sont envoyés tous les deux jours et deux fois par semaine il anime en matinée une « classe virtuelle ». Il accueille cependant trois enfants en classe, dont la maman est soignante. Une prise en charge commune avec son collègue de Champfrémont puisqu’ils sont réunis en RPI (regroupement pédagogique intercommunal).

Cours en visio avec les enfants

« J’ai fait le choix d’animer une classe virtuelle en visioconférence pour les enfants par groupe de niveaux car cela leur permet de garder le contact entre eux. Même si je sais qu’il y a des paramètres contraignants, car il faut disposer d’un ordinateur avec caméra et micro et surtout d’une bonne connexion. Mais cela a plutôt bien fonctionné la semaine dernière. »

A ce sujet, l’association Familles Rurales, de Saint-Pierre-des-Nids, met à disposition des ordinateurs dans le cadre de ce suivi de cours à domicile .

Pas de nouvelle notion

Celui qui est aussi directeur explique ne pas avoir reçu d’impératifs pour suivre les programmes, « on fait au mieux. L’essentiel est de maintenir la continuité scolaire. Je ne vois pas de nouvelle notion… Je vais sûrement faire évoluer mon programme d’activités car il faut gérer le long terme. Il ne faut pas surcharger non plus et surtout cela doit être aussi ludique car les conditions sont très particulières ».

Il a déjà proposé aux parents des activités via le CNED « et d’autres outils, reconnus par l’Éducation nationale, vont nous être proposés, avec l’aide de maisons d’édition par exemple. C’est un challenge permanent ».

Maintenir les rituels de la journée

À Champfrémont son collègue gère les maternelles et les CP. Et doit faire face à d’autres contraintes.

« J’ai eu des échanges par mail avec les parents dès le jeudi 12 mars au soir et l’annonce de la fermeture des écoles. J’ai proposé une réunion d’information le lendemain après la classe et beaucoup sont venus. Ils n’étaient pas inquiets mais avaient des interrogations légitimes ».

Lui aussi rencontre son inspecteur académique en visioconférence très souvent, au sujet des consignes globales.

« J’ai improvisé un journal de classe « je suis à l’école à la maison » afin de maintenir la continuité scolaire, avec des supports classiques. A 16h, j’envoie le programme par mail pour le lendemain… La journée est divisée en quatre temps, elle est ritualisée et il faut préserver ces rituels afin que les enfants conservent des repères. Et les parents jouent le jeu. Tout se passe bien ».

Pourquoi ces repères sont-ils importants ?

« Cela rassure les enfants et ils gardent ainsi un lien avec l’école. Avec les petits, il faut changer le moins possibles leurs habitudes. J’ai donc conservé le calendrier de la journée et donné aux parents des idées d’activités. »

Des visioconférences sont aussi réalisées, mais uniquement quand des enfants en font la demande.

Les petites écoles : une force

Pour les plus grands, la progression de l’apprentissage de la lecture a été stoppée, « pas question de voir de nouveaux sons, on fait uniquement de la révision ».

Il apprécie aujourd’hui plus que jamais sa petite classe de campagne et la proximité qu’elle engendre avec les parents :

 je les connais tous, c’est la force des petites écoles. Le lien était déjà créé et ils m’appellent facilement. »

Il ajoute que sa classe à plusieurs niveaux montre, dans une telle situation, tous ses bienfaits :

« les enfants sont très autonomes, ils ont l’habitude de se retrouver sur des temps d’activités seuls, quand je m’occupe d’un autre groupe. Ils savent se débrouiller ».”


Source : actu.fr, “Pandémie du Covid-19.  « Le plus important : préserver la continuité scolaire et maintenir le lien »”, publié le 25/3/20 par Nathalie Legendre. https ://actu.fr/pays-de-la-loire/ravigny_53187/lecole-maison-plus-important-preserver-continuite-scolaire-maintenir-lien_32508358.html

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