#TouchePasAmonIEFNouvelle attaque contre la famille : Macron veut la fin de l’école à la maison (L’Incorrect)

21 novembre 20200
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Anne Coffinier s'exprime dans L'Incorrect à propos de cette nouvelle attaque anti-famille que constitue la fin programmée de l'école à la maison. Un projet cher à Emmanuel Macron, qui semble en fait déstabiliser une bonne partie du gouvernement.

“Anne Coffinier est présidente de Créer son école, d’Educ’France et fondatrice de la Fondation Kairos pour l’innovation éducative à l’Institut de France. Elle réagit pour L’Incorrect au volet éducatif de la loi de lutte contre le séparatisme qui menace selon elle la liberté d’enseigner.

Le 2 octobre, le président Macron annonçait qu’il allait faire adopter une mesure aussi radicale que les loi Jules Ferry (excusez du peu !) : retirer aux familles le droit d’instruire elles-mêmes leurs propres enfants et les obliger à envoyer ces derniers à l’école. Coup de tonnerre et sidération ! Peu importe que l’école, en ruralité, soit parfois trop éloignée, surtout pour des enfants de 3-6 ans désormais concernés par l’instruction obligatoire, ou que l’établissement scolaire du secteur soit un coupe-gorge où l’enfant se fait harceler… il faut « quoi qu’il leur en coûte » envoyer tous les enfants à l’école. Le prétexte avancé : « faire la guerre au séparatisme islamiste». C’est habile, car qui oserait s’opposer à une mesure labellisée « anti-séparatisme islamiste » ? Qui voudrait affaiblir la détermination toute nouvelle de l’État de stopper l’emprise de l’hydre islamiste sur la jeunesse française ? C’est l’objectif qu’on valide, sans même regarder si les moyens choisis pour l’atteindre sont pertinents. Tout le drame est là.

Si le but est sensé, le moyen annoncé est absurde et lourdement contreproductif. Il va falloir du courage et de la détermination pour ne pas tomber dans ce piège. Hier, l’association Créer son école co-organisait avec une députée une rencontre en visioconférence avec 80 députés soucieux de comprendre les enjeux. C’est encourageant, d’autant qu’il n’y avait pas que des députés de l’opposition, loin de là. Il s’agit d’éviter qu’une fois de plus, on légifère sous le coup de l’émotion, en prenant un remède sans rapport avec la vraie nature du problème, pour donner l’impression qu’on agit courageusement.

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Les attentats islamistes se multiplient, les jeunes musulmans soumettent à une rude pression les professeurs de l’Éducation nationale qui doivent s’autocensurer toujours plus pour ne pas être inquiétés dans un nombre toujours plus important d’établissements. L’assassinat de Samuel Paty l’illustre de manière macabre : c’est un professeur de l’Éducation nationale qui s’est fait décapiter devant un collège public, sur délation de parents d’élèves du public avec la complicité d’élèves du public ! C’est donc en priorité l’étau islamiste sur l’école publique qu’il faut desserrer.

Les attentats islamistes se multiplient, les jeunes musulmans soumettent à une rude pression les professeurs de l’Éducation nationale qui doivent s’autocensurer toujours plus pour ne pas être inquiétés dans un nombre toujours plus important d’établissements.

Mais il n’y a pas une seule ligne à ce propos dans le projet de loi, qui concentre ses foudres sur la liberté d’enseignement. Ce sont les écoles hors contrat que le gouvernement veut fermer plus vite, sans passer par le contrôle du juge. Et c’est surtout l’instruction en famille qu’il décide de mettre purement et simplement hors-la-loi, en victime expiatoire de l’impuissance de l’État à stopper l’islamisation de ses propres écoles.

Ainsi l’action de l’État va se concentrer sur 0,2 % des enfants (ceux qui sont instruits en familles) et 0,8 % des enfants (scolarisés en école libre hors contrat), tout en sachant qu’1,4 % seulement de ces 0,2 % font ce choix pour des raisons religieuses, toutes confessions confondues ! N’est-ce pas ridicule d’invoquer les mannes de Ferry pour s’attaquer à si peu ? Rappelons en outre que choisir l’école de son enfant en conformité avec ses convictions religieuses ou ses opinions même politiques n’est bien sûr pas inconstitutionnel dans un État de droit respectueux des libertés des citoyens.

Si l’État veut localiser les « enfants fantômes » dont l’instruction n’est aujourd’hui soumise à aucun contrôle, ce n’est pas du côté des enfants déclarés sous le régime de l’instruction en famille ou sous le régime scolaire qu’il doit par définition chercher. C’est en s’appuyant sur les informations des services de renseignement, en recoupant avec les fichiers de la sécurité sociale comme l’a fait la ville de Tourcoing dans le cadre de sa cellule de lutte contre l’évitement scolaire, et en contrôlant les associations de jeunesse gravitant autour des mosquées que l’État est susceptible de repérer et de rescolariser les enfants privés d’instruction véritable, comme le prévoit fort opportunément le projet de loi en son article 21-2.

Oser supprimer une liberté constitutionnelle sans nécessité est stupéfiant. On parle en effet d’une liberté qui a été consacrée et organisée par Jules Ferry lui-même en 1882, et qui n’a jamais été remise en cause par aucun gouvernement en 138 ans ! Difficile de trouver baptême plus républicain. Difficile de trouver une liberté qui ait à ce point toutes les caractéristiques de ce qu’on appelle un principe fondamental reconnu par les lois de la République, et qui est donc de rang constitutionnel.

On aurait pu s’attendre à ce que le projet de loi concentre les efforts sur la rescolarisation des absentéistes et des décrocheurs, qui se comptent par centaines et centaines de milliers.

Ce droit d’instruire ses propres enfants est consacré aussi par la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Convention européenne du même nom. Il s’exerce dans un cadre juridique précis particulièrement strict. Les parents déclarent à l’autorité qu’ils pratiquent l’école à la maison ; la commune fait une inspection sociale tous les deux ans tandis que le Rectorat envoie chaque année ses inspecteurs, même de manière inopinée s’il le souhaite. Aucun enfant de l’école publique ne peut se targuer de bénéficier d’un tel suivi. On aurait pu s’attendre à ce que le projet de loi concentre les efforts sur la rescolarisation des absentéistes et des décrocheurs, qui se comptent par centaines et centaines de milliers, sans oublier les enfants qui n’ont jamais été déclarés nulle part, parfois même pas à l’état-civil. Mais non !

Plus fondamentalement encore, n’est-il pas extraordinairement absurde que de prétendre retirer à tous une liberté constitutionnelle (choisir d’instruire soi-même son enfant) parce qu’on pense, sans avoir à ce stade le moindre chiffre pour l’étayer, qu’une toute petite minorité de parents pourrait dévoyer cette liberté ?

C’est d’autant plus absurde que le lien entre école en famille et séparatisme islamiste n’est prouvé et étayé par aucune étude ni aucune statistique disponible. Le gouvernement a reconnu lors des réunions que nous avons eues avec lui n’avoir à sa disposition aucun chiffre, renvoyant à la prochaine étude d’impact qu’il est tenu de remettre avec le projet de loi. C’est la logique elle-même qu’on viole de face lorsqu’on déduit du fait qu’il existe des personnes qui ne déclarent pas leur mode d’instruction et qui échappent alors aux contrôles qu’il faut interdire l’instruction en famille dans son principe-même. Avec un minimum de rationalité, on voit donc mal comment l’interdiction de la forme déclarée d’instruction en famille pourrait résorber le phénomène des enfants qui ne sont déclarés nulle part et qui ne font vraisemblablement l’objet d’aucune instruction véritable. Interdire l’école à la maison parce qu’une infime minorité (ne faisant l’objet d’aucun recensement ni d’aucune évaluation précise) ne se sont aucunement identifiés est tout aussi illogique que d’interdire la circulation routière parce qu’il y a des accidents de la route.

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S’il s’agit de savoir où sont les enfants, ce n’est pas le fait de rendre l’école obligatoire qui règlera le problème. Croire que les enfants qui sont actuellement dans la clandestinité seront inscrits demain à l’école ou feront l’objet d’une demande de dérogation par leurs parents, cette fois-ci officiellement, relève de l’irréalisme le plus abouti. Plus les formalités seront complexes (il faudra demander une dérogation avec force pièces justificatives pour avoir le droit – seulement un an ! – de pratiquer l’instruction en famille), plus nombreux seront ceux qui passeront à la clandestinité. C’est un effet mécanique tout à fait anticipable.

Dans le projet de loi actuellement à l’étude au Conseil d’État et qui sera présenté en conseil des ministres le 9 décembre, un détail achève de nous glacer le sang. C’est le terme même de « famille » qui est rayé : le gouvernement prohibe l’« instruction en famille » au détriment de tous les parents, et ne tolère désormais, que sur dérogation expresse et précaire, l’« instruction à domicile ». Serait-ce un gros mot que la famille ? Pourquoi faudrait-il criminaliser le fait qu’elle veuille s’occuper de ses propres enfants et les instruire ?

Serait-ce un gros mot que la famille ? Pourquoi faudrait-il criminaliser le fait qu’elle veuille s’occuper de ses propres enfants et les instruire ?

Les professeurs de l’éducation nationale ne cessent pourtant d’inviter les parents à prendre davantage leur part de responsabilité et sont bien heureux que cette soupape de sécurité de l’instruction en famille existe, lorsque l’école ne réussit manifestement plus à l’enfant.

Alors, une conclusion s’impose : s’opposer à ce qu’on nous retire le droit de faire l’instruction en famille, et défendre la liberté d’enseignement dans toutes ses composantes. Pour ce faire, contacter ses députés et sénateurs pour demander de faire barrage à ces lois liberticides !


Source : l’incorrect.fr, “Nouvelle attaque contre la famille : Macron veut la mort de l’école à la maison”, par Anne Coffinier, le 20/11/20. https ://lincorrect.org/nouvelle-attaque-anti-famille-le-president-macron-veut-la-mort-de-lecole-a-la-maison-lincorrect/

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