DébattreMettre l’école au coeur des plans de relance budgétaire des Etats

15 septembre 20200
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La première leçon à tirer de la crise sanitaire, c'est l'urgence pour l'ensemble des pays du monde de renforcer le niveau de leurs investissements dans le secteur éducatif. L'école doit, selon la sous-directrice générale de l’Unesco pour l’éducation, être au coeur des plans de relance budgétaire mis en oeuvre par les différents pays.

« Sans éducation, il n’y aura pas de relance économique » (La Croix)

“Stefania Giannini est sous-directrice générale de l’Unesco pour l’éducation. Pour l’ancienne ministre italienne de l’éducation et de la recherche, l’éducation doit être une priorité dans les plans d’action des gouvernements pour relancer l’activité.

La Croix : Qu’est ce qui vous a marqué dans cette crise du Covid-19 ?

Stefania Giannini : Cette crise n’a pas de précédent dans l’histoire. Aujourd’hui, nous sommes toujours en cours d’épidémie. Un point positif est que la moitié des 900 millions d’élèves qui devaient reprendre l’école cette année entre août et octobre vont le faire. 70 pays ont décidé de rouvrir leurs écoles. C’est essentiel.

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La fermeture des écoles augmente les inégalités. Reste l’autre moitié. Nous devons concentrer nos efforts sur les élèves les plus fragiles, ceux qui étaient déjà en retard, ceux qui risquent de décrocher définitivement. Une étude a montré que cette crise pourrait conduire 24 millions de jeunes à quitter l’école. Les filles sont les premières à décrocher, sous la pression souvent de leur famille.

Comment lutter pour conserver la qualité de l’éducation ?

Stefania Giannini : Depuis février, nous avons perdu 60 jours de scolarité en moyenne. Ces fermetures d’écoles ont nui à la qualité de l’apprentissage. Alors, nous avons créé une Coalition mondiale pour l’éducation qui rassemble plus de 140 membres, des grandes entreprises comme Microsoft, Orange ou IBM, la société civile et des administrations.

L’ambition est d’assurer la continuité d’apprentissage en soutenant la communauté éducative par la connectivité. Pendant cette crise, nous avons découvert l’importance de la radio, de la télévision, d’Internet. Ces outils technologiques, souvent combinés, ont permis de continuer à enseigner et à apprendre.

Peut-on remplacer l’école par l’écran ?

Stefania Giannini : Chaque pays a pris des initiatives. Au Sénégal, par exemple, un quart de la population est connecté. Le gouvernement, appuyé par l’Unesco, a développé un système d’enseignement par les trois médias : télévision, radio et Internet. Le Maroc a procédé à des distributions de tablettes numériques. Dans de nombreux pays développés, notamment en France, la connectivité a été possible entre les enseignants et les élèves. Dans tous ces cas, il faut s’assurer que cette formation à distance n’exclut pas des enfants.

Rien ne remplace l’école. C’est pour cela que la priorité est de ramener les enfants à l’école. Il y a des pays, des quartiers, où quand l’élève n’est pas scolarisé, il ne mange pas. Au Cameroun, par exemple, pendant la crise, le gouvernement a décidé de distribuer des repas aux familles et aux élèves qui ne pouvaient venir en cours. Mais, les écoles ne peuvent rouvrir sans des mesures de sécurité sanitaire. Il faut impliquer les parents et les enseignants dans l’application de ces mesures.

Pourquoi faut-il investir dans l’éducation ?

Stefania Giannini : L’éducation doit être une priorité dans les plans d’action qui sont décidés pour la relance de l’activité. Ce n’est malheureusement pas le cas partout. Or, sans un système éducatif très fort, nous n’aurons pas de relance.

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L’expérience montre qu’au sortir des crises, on a tendance à baisser les dépenses publiques, et notamment celles allouées à l’éducation. Cela a été le cas après la crise financière de 2008. Cela a été aussi observé en Afrique de l’Ouest après l’épidémie d’Ebola. Pourtant, les droits à l’éducation et à la santé sont des droits humains.”


Source : la-croix.com, « Sans éducation, il n’y aura pas de relance économique », publié le 14/9/20 par Pierre Cochez. https ://www.la-croix.com/Monde/Sans-education-aura-pas-relance-economique-2020-09-14-1201113870

 

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