L'esprit en fêteMary Higgins Clark, fin du suspense

2 février 20200
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"Mary Higgins Clark, la reine du polar aux 150 millions de livres vendus dans le monde, est morte à 92 ans. La France constituait le deuxième marché de celle qui transformait des faits divers en roman.

Des millions de lecteurs se sont sentis un peu orphelins en apprenant hier matin la mort, à 92 ans, de la romancière américaine Mary Higgins Clark, surnommée “La Reine du suspense”. Cette New-yorkaise au caractère bien trempé avait publié 56 best-sellers, vendus à quelque 150 millions d’exemplaires dans le monde, dont 25 millions en France. Elle possédait des résidences à Manhattan, dans le New Jersey et le Massachusetts, mais s’est éteinte à Naples (Floride) entourée de sa famille. Dans notre pays, plusieurs générations se sont initiées au polar, voire à la lecture de romans, grâce à elle.

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C’est le patron d’Albin Michel, Francis Esménard, qui la découvre et publie en 1975 La Maison du guet, où une mère est accusée d’avoir assassiné ses deux premiers enfants. Il crée une collection rien que pour ses livres, qui connaissent un succès phénoménal avec La Nuit du renard (1979). Partant de faits divers, l’écrivaine se donne un point de départ accrocheur, puis lance une supposition troublante et enchaîne retournements et tensions page après page. Elle ira même jusqu’à imaginer que Jésus nous a laissé une lettre écrite de sa main (Les Années perdues, 2012).

Une écrivaine soucieuse de son public

Mais cette catholique convaincue ne se contente pas de travailler d’arrache-pied sur chaque maillon d’une histoire. C’est aussi une écrivaine extrêmement soucieuse de son public et échangeant beaucoup avec les autres auteurs de suspense américains. La sortie de chacun de ses livres s’accompagne d’une tournée promotionnelle internationale qui donne le vertige. Elle soigne la France, son deuxième marché après les États-Unis.

En la rencontrant pour la première fois, en juin 1997, dans un palace à Paris, on se retrouve en présence d’une duchesse, coiffée et maquillée comme une star. Elle arbore une robe de prix, des boucles d’oreille en diamant et un collier de pierres précieuses, commande du champagne – mais elle s’abstient d’en boire – et démarre l’entretien avec une simplicité désarmante, après s’être enquise du programme de son troisième mari. Elle adore parler de son travail, de sa réussite et n’oublie pas de rappeler à l’adresse de ses millions de lectrices qu’elle n’est pas née avec une cuillère en argent dans la bouche.

En effet, Mary Theresa Eleanor Higgins voit le jour le 24 décembre 1927 dans le Bronx. Ses parents, d’origine irlandaise, tiennent un pub. C’est une famille très unie sur laquelle les malheurs s’abattent. Son père meurt en 1939, son frère aîné décède en 1945. Mary, qui manifeste très jeune un goût pour l’écriture et une passion pour la lecture, se met à travailler pour aider sa famille, puis subvenir à ses besoins. Élève de l’enseignement catholique, elle travaille comme standardiste dans un grand hôtel de Manhattan, devient secrétaire dans la publicité tout en participant à un club de lecture, puis hôtesse de l’air à la Pan American Airlines. Elle se marie avec un cadre de cette compagnie aérienne, Warren Clark, qui meurt en 1964.

Elle achète une Cadillac après son premier contrat

Veuve à 37 ans, avec cinq enfants à élever, elle travaille dans une agence de publicité, continue à écrire des nouvelles pour des magazines, puis des feuilletons historiques pour la radio. Quand elle finit enfin par avoir un premier roman publié, après avoir essuyé une quarantaine de refus depuis ses débuts à 16 ans, sa mère meurt et son livre – consacré à George Washington – ne se vend pas.

Mais Mary Higgins Clark persévère. Cette conteuse née s’empare d’une affaire judiciaire pour en faire un roman policier à suspense que publie Simon and Schuster en 1975. Il triomphe en poche. Deux ans plus tard, elle signe son premier contrat à 1,5 million de dollars et s’achète aussitôt une Cadillac. À partir de 1988, elle obtient 10 millions de dollars par livre.

Sa renommée devient planétaire. C’est la reine incontestée du suspense, dont chaque parution est un succès annoncé. Jamais de sexe dans ses romans, elle s’y tient. En continuant à écrire de manière acharnée, elle parvient à publier un livre par an. Vers la fin de sa vie, elle se met à écrire avec sa fille Carol. Sa fidélité à ses agents, ses éditeurs et traducteurs est exceptionnelle, dans un milieu littéraire où les auteurs à succès ont tendance à souvent changer de maison pour maximiser leurs revenus. Cette attitude lui a sans doute permis de consolider et maintenir la fidélité de son public. Depuis 1979, les Français lisent Mary Higgins Clark sous la plume de sa traductrice attitrée, Anne Damour. Mary Higgins Clark a toujours cru aux signes du destin et à la télépathie.”


Source : lejdd.fr, “Mary Higgins Clark : fin du suspense”, par François Vey, publié le 1/2/20. https ://www.lejdd.fr/Culture/mary-higgins-clark-fin-du-suspense-3946959

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