ECOLE DU FUTURL’interview de Bertrand Léonard, président d’IPESUP

31 mars 20220
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Président du prestigieux Groupe IPESUP, ancien président de la fondation HEC, Bertrand Léonard nous livre sa vision éducative à l'occasion de l'ouverture d'un lycée d'excellence... à IPESUP !

Educ’France: Ipesup ouvre en septembre 2022 un lycée, alors que votre groupe est connu surtout pour ses classes préparatoires aux grandes écoles. Qu’est-ce qui motive une telle ouverture?

“Deux constats simples  :

1) Les modes de sélection à l’entrée des filières sélectives du supérieur évoluent : essentiellement par examen, il y a 20 ans (en dehors des universités), le poids du dossier scolaire issu du lycée est désormais déterminant (Sciences Po Paris, Bachelors français ou internationaux…). Il représente souvent la condition unique d’admissibilité. Dès lors, le rôle joué par le lycée, le niveau réel atteint pendant les trois années est encore plus central. Une tendance renforcée par le poids inédit du contrôle continu qui compte désormais pour 40% de la note du baccalauréat et devient évidemment clé dans l’appréciation du dossier Parcoursup.

2) Nous sommes convaincus qu’il y a une place naturelle pour un lycée d’un très bon niveau académique, veillant à l’épanouissement personnel de l’élève et le projetant activement dans le monde de demain.  Cette conviction s’est forgée, au fil des années et des très nombreux échanges avec les parents, les élèves et les professeurs. Nous formons, au sein de nos divers cycles de formation environ 6000 lycéens chaque année.

Notre programme pédagogique, «  se construire et s’épanouir dans l’excellence », s’articule autour de trois piliers :

. Pédagogie : une excellence académique avec une équipe de très bons professeurs et des classes d’un effectif maximal de 20 élèves, dimension raisonnée qui renforce les interactions entre le professeur et ses élèves. L’intégralité du programme officiel est évidemment traité, et il l’est ainsi en profondeur.

. Ouverture : Quatre ateliers thématiques, très collaboratifs sont encouragés au sein de l’établissement : dimension internationale  (théâtre, pitchs en anglais , certification, accompagnement des candidats aux études à l’étranger…), initiation aux nouvelles technologies, pratique active des soft skills avec une équipe de coachs certifiés, éveil intellectuel au sein d’une capitale mondiale de la culture, avec des projets développés en dehors de la classe : musées, philharmonie, cinémathèque, … de façon à former des esprits ouverts dans un monde ouvert.

. Parcours : immersion au sein d’une institution experte des filières sélectives et internationales.”

Educ’France: certains observateurs ont noté que votre ouverture de lycée intervenait précisément au moment où vos prestigieux voisins du 5ème, Louis le Grand et Henri IV, pour ne pas le citer, se voyaient intégrés dans AFFELNET et perdaient donc leur possibilité de recruter les meilleurs. N’est-ce qu’un hasard?

“C’est clairement un hasard !

Notre volonté de développer le lycée Ipesup s’appuie sur une réflexion de fond bien plus construite qu’une pure approche tactique liée à AFFELNET…

Ce projet est né à la faveur du Bac 2021, à partir de l’analyse que nous faisions des changements que ce nouveau Bac induisait sur le parcours des élèves dans le continuum Bac-3 / Bac+3, en commençant par la place du dossier du lycéen dans la sélection.”

Educ’France: en quoi étudier dans votre lycée est-il un atout pour les études supérieures sélectives en France? et à l’étranger? 

” Depuis plus de 40 ans, Ipesup est reconnu comme une des toutes premières institutions en matière de préparation aux examens et concours de l’enseignement supérieur (classes préparatoires commerciales et scientifiques, prépa IEP Paris – Régions – ENA, écoles post bac, médecine…). Cette longue expérience nous a conduit à développer une offre de formation très large, de la Seconde à Bac + 5. Le lycéen d’Ipesup est plongé dans un environnement très fertile. Il n’y a pas de silo. Bien au contraire, il peut échanger avec les élèves, les professeurs de nombreuses filières,  pour mûrir ses choix, construire sa motivation et évidemment se préparer efficacement en participant aux conférences, stages, cycles qui correspondent à ses choix d’orientation.

Nous préparons chaque année de nombreux lycéens à rejoindre les meilleures universités britanniques, américaines, italiennes, espagnoles…nous connaissons très bien les modalités de sélection de chaque type d’établissement et préparons nos élèves dès la seconde à constituer leurs dossiers et notamment à obtenir les certifications indispensables…”

Educ’France: Votre statut hors contrat vous donne un certain nombre de libertés. Lesquelles sont les plus précieuses pour atteindre l’excellence dans la bienveillance?

 “Notre statut nous permet une souplesse d’organisation incomparable pour préparer au mieux les élèves à réaliser leurs projets. Nous pouvons ajuster librement notre pédagogie de façon élever l’élève à la hauteur de ses ambitions et à l’aider à s’épanouir autant qu’à réussir.

Il autorise également une grande réactivité au changement, qui est l’une des clés du succès de notre modèle. Cette agilité nous permet de toujours garder l’initiative.”

Educ’France: comment voyez-vous l’avenir du lycée en France ? Si vous étiez ministre et ne pouviez faire qu’une seule réforme concernant le lycée, que feriez-vous?

“L’avenir du lycée doit rester du côté du savoir et de sa transmission. C’est la mission historique de l’école. Mais le lycée devrait se préoccuper autant de la nécessité de s’épanouir par le savoir que de le rendre accessible à tous. Le lycée ne peut avoir un avenir qu’à la condition de tout mettre en œuvre pour que les élèves soient motivés à donner le meilleur d’eux-mêmes.

Et cela passe par l’excellence des professeurs qui auront la responsabilité de former les élèves. Les professeurs doivent rester de très bon niveau, y compris comme figures d’inspiration. Et cela n’est possible que si le métier d’enseignant reste suffisamment attractif pour faire venir à lui les meilleurs. C’est pourquoi, s’il y a aujourd’hui une réforme à faire, c’est fondamentalement de revaloriser le métier d’enseignant.”

 

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