Les chemins de la penséeL’histoire de l’école : combattre les idées reçues (Sud Ouest)

26 avril 20210
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Battre en brèche les idées reçues et entretenues sur l'école, c'est le pari de l'historien Claude Lelièvre dans cet essai paru aux éditions Odile Jacob.

“L’historien de l’éducation Claude Lelièvre a pris « un malin plaisir » – confesse-t-il lui-même – à mettre les points sur les « i » de nos idées sur l’école et l’histoire. Il évoque les changements « à la marge » de Chevènement, revient longuement sur Jules Ferry.

Le saviez-vous ? Le plan Langevin-Wallon, toujours cité, jamais appliqué, même s’il a pu inspirer – de loin- quelques réformes, avait donné lieu à un discours fondateur, prononcé par Henri Wallon le 23 mars 1946 à Besançon. Il y est question pour la première fois de la démocratisation de l’école. Cette piqûre de rappel n’est pas anodine sous la plume de Claude Lelièvre , professeur émérite de la Sorbonne où il enseignait l’histoire de l’éducation. Blogueur très actif et très lu, ce spécialiste ne rate jamais une occasion pour remettre l’école au milieu du village, dès qu’une approximation historique – parfois instrumentalisée – est commise. Dans « L’école d’aujourd’hui à la lumière de l’histoire », qu’il vient de publier (Odile Jacob, 22,90 €), Claude Lelièvre a pris, confesse-t-il, « un malin plaisir » à bousculer les idées reçues et entretenues autour de l’école. Malice et rigueur conjuguées offrent un ouvrage plaisant à lire, destiné au grand public.

 

Sans surprise, mais pas sans malice justement, l’historien commence son livre en démolissant la tenace légende selon laquelle Charlemagne aurait inventé l’école. Il a contribué à sa « renaissance », l’école ayant été instituée à la période gallo-romaine. Et non, le Vosgien Jules Ferry n’a pas rendu l’école obligatoire. C’est l’instruction qui l’est.

Chevènement étrillé

Et quand Claude Lelièvre mentionne le ministre franc-comtois Chevènement dans son tour d’horizon, c’est pour étriller « le héraut autoproclamé de la priorité aux ‘’fondamentaux’’, car c’est sous son ministère que les maths et le français ont vu leurs horaires se réduire, en tombant à 54 %. Il lui décerne quasiment un bonnet d’âne : « Le plus remarquable est qu’il n’a rien fait de remarquable dans ses mises en œuvre effectives, en dépit de ses déclarations tranchantes qui lui ont valu un grand succès médiatique durant son ministère ou trente ans plus tard ». Presque aussi aimable que pour Jean-Michel Blanquer (lire ci-dessous).

Tout ce qui alimente la polémique (ou presque) est abordé par Claude Lelièvre, pour corriger, rectifier, remettre en perspective, que ce soit sur l’enseignement de l’histoire, de la laïcité, les stéréotypes sexistes, le certificat d’études primaires, le brevet, le bac – pas si républicain que ça -, les châtiments corporels, l’évolution du corps enseignant (et sa formation).

Mais rien sur l’autre ministre de l’Est qui a donné son nom à une réforme au XXe siècle : René Haby. Claude Lelièvre avance deux justifications à son absence – juste une mention – dans le livre : « Parce que le collège est l’oublié du débat aujourd’hui », et surtout parce que le père du collège unique ne serait pas Haby mais Giscard, le ministre « s’étant contenté de le mettre en musique ».

L’école reste un sujet de débat éternel en France particulièrement. On attend avec impatience le prochain opus de Claude Lelièvre pour nous secouer les neurones.

Le grand oral du bac : pas si nouveau

Faut-il croire qu’en éducation, comme dans bien d’autres domaines, on n’invente pas grand-chose ? Ou tout l’art du ministre en poste consisterait-il d’abord à faire croire qu’il est l’initiateur d’une révolution salutaire ? Claude Lelièvre n’est pas loin de le penser. Ainsi, selon lui, de Jean-Michel Blanquer : « Il va devenir le ministre de l’éducation qui aura duré le plus longtemps depuis 1824. Mais que restera-t-il de l’écume des jours après son passage ? Il ne s’est pas comporté en homme d’État mais en politique politicien », claque Claude Lelièvre. Le grand oral du bac, présenté comme une innovation majeure, n’en serait pas une : « À l’origine, le bac n’était qu’un examen oral », rappelle l’historien. Qu’est-ce que sera le grand oral ? Sera-t-il centré sur la rhétorique ou la thématique ? Si c’est la première voie, ce sera en partie nouveau, si ce n’est pas le cas, il sera l’avatar d’un vieux débat. La question n’est pas tranchée de façon claire ».”


Source : republicain-lorrain.fr, “L’histoire de l’école : combattre les idées reçues”, publié le 26/4/21. Par Philippe Rivet. https://www.republicain-lorrain.fr/magazine-education-jeunesse/2021/04/25/l-histoire-de-l-ecole-combattre-les-idees-recues

 

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