L'école en libertéLes écoles hors contrat catholiques concernées par la loi contre le « séparatisme » (La Croix)

8 décembre 20201
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L'analyse de Denis Peiron, de La Croix, du retentissement de la loi sur le séparatisme sur les écoles catholiques hors contrat.

“La future loi « confortant les principes républicains », qui permettra aux autorités de fermer administrativement une école hors contrat, est accueillie avec vigilance par l’ensemble du secteur, qui compte notamment 500 écoles catholiques.

Entre autres mesures contre le « séparatisme », le projet de loi confortant les principes républicains, attendu en conseil des ministres mercredi 9 décembre, devait interdire, sauf exception, l’instruction à domicile et encadrer plus strictement le hors contrat. Avec une disposition phare : la possibilité de fermer administrativement un établissement hors contrat présentant des manquements graves et réitérés.
Si cette disposition vise implicitement certains établissements musulmans, l’ensemble des 1 700 écoles hors contrat sont de fait concernées, notamment les 500 écoles catholiques (elles représentent à elles seules la moitié du hors contrat confessionnel).
La loi est accueillie avec prudence dans le monde catholique, y compris dans l’enseignement catholique. Celui-ci privilégie majoritairement le contrat d’association avec l’État (1), mais considère que la liberté d’enseignement repose sur un équilibre à préserver. « Nous avons toujours défendu la liberté d’enseignement et si des établissements veulent s’inscrire dans le hors contrat, c’est leur liberté », rappelle son secrétaire général Philippe Delorme, qui détaille : « La notion d’école catholique hors contrat recouvre un peu toutes les sensibilités religieuses. Depuis les écoles de la Fraternité Saint-Pie X, qui ne cherchent pas à se rapprocher de nous, jusqu’à de petits établissements fondés localement par un groupe de parents, avec des compétences en enseignement qui peuvent varier. »
Proximité et prière quotidienne
Ainsi, l’établissement hors contrat Saint-Jean Bosco, ouvert en septembre à Bihorel (Seine-Maritime), accueille seulement une grosse dizaine d’élèves, répartis en deux classes (les effectifs de maternelle dans l’une, les CP et CE1 dans l’autre). « Nous souhaitions une école primaire de proximité, entre élèves, entre parents, entre enseignants, une structure qui offre un bon suivi de la scolarité », retrace Marie-Dominique Crousillac, la directrice, qui y scolarise deux de ses trois enfants.
Titulaire d’une maîtrise de lettres modernes, elle avait enseigné avant de mettre sa carrière entre parenthèses. Son école ne revendique pas de méthode pédagogique particulière mais fait de la prière personnelle « une attitude générale ». « Ici, on prie tous les jours avec les enfants », indique-t-elle. L’école « a été créée à l’initiative de familles catholiques », mais elle ne demande pas être à être reconnue comme telle : « Cela voudrait dire que je suis missionnée par l’évêque, ce qui n’est pas l’objet premier de notre démarche. »
Une reconnaissance ecclésiale à petits pas
Pour Philippe Delorme, l’enseignement catholique doit s’interroger sur ce qui pousse des parents à créer leur propre école ou à confier leurs enfants à des établissements hors contrat. « Est-ce à dire qu’ils ne trouvent pas chez nous ce qu’ils cherchent ? Ont-ils peur de la mixité sociale, scolaire, culturelle ? Recherchent-ils un entre-soi ? Une plus grande autonomie pédagogique ? Des effectifs plus réduits ? Une pratique religieuse plus affirmée ?, énumère-t-il. Notre vocation réside dans l’accueil de tous, sans distinction, y compris des enfants de familles engagées et pratiquantes, qu’il ne faut pas oublier. »
Professeur en sciences de l’éducation, Bruno Poucet estime que les écoles hors contrat catholiques sont généralement « plus proches de la mouvance traditionaliste, sans nécessairement être dans l’intégrisme ». Certaines ne sont cependant « pas loin de verser dans le séparatisme », explique-t-il, évoquant « le choix de manuels différents, le port d’un uniforme, une séparation garçons-filles, une volonté de vivre à part, souvent à la campagne, pour éviter que les esprits ne soient pollués par la société, dans une logique de ghettoïsation ».
Ce « risque de l’entre-soi », comme il le nomme lui-même, l’évêque de Fréjus-Toulon Mgr Dominique Rey en est pleinement conscient. Mais, comme d’autres membres de l’épiscopat, il appelle à « accueillir avec discernement un mouvement porté par une vraie créativité ». Une reconnaissance dont bénéficient ou bénéficieront bientôt trois écoles dans son diocèse : l’une à Draguignan, créée à l’initiative des Sœurs dominicaines du Saint-Esprit, une autre au Cannet, portée par l’Institut du Verbe incarné et une dernière à La Valette, une école paroissiale à la pédagogie classique.
1) Qui permet la rémunération des enseignants moyennant le respect des programmes.”
Source : lacroix.com, “Les écoles hors contrat catholiques concernées par la loi contre le “séparatisme””, par Denis Peiron, paru le 8/12/20. https ://www.la-croix.com/Famille/ecoles-hors-contrat-catholiques-concernees-loi-contre-separatisme-2020-12-07-1201128647

 

1 commentaire

  • catherine zephir

    8 décembre 2020 à 18 h 43 min

    J’ai personnellement été scolarisée toute ma jeunesse dans des établissements publiques de l’Etat où j’ai tout subis : violence, chahuts, attouchements sexuels forcés, brimades, bousculades, insultes, violences en tout genre de la part d’autres élèves et je n’étais pas la seule à subir ça : tout le monde y est passé dans ce collège et tout cela avait déjà commencé au primaire (publique) ! Et bien je peux vous dire que j’aurais préféré une éducation catholique, en uniforme, les filles séparées des garçons… un “ghetto” entre gens pacifiques et bien intentionnés plutôt que ce goulag laïc avec pour “camarades” des horribles gosses, je pèse mes mots. J’aurais fait certainement une meilleure scolarité que ce que j’ai fait. Et surtout : j’aurais été plus heureuse et plus épanouie c’est pourquoi je défends aujourd’hui l’école hors contrat et de préférence catholique.

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