L'école en libertéLes chiffres, les tendances et l’analyse de la liberté scolaire à la rentrée 2020

13 septembre 20200
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L'Incorrect a assisté à la conférence de presse de rentrée de Créer son école : décryptage.

Créer son École fait sa rentrée (L’Incorrect)

“Le 9 septembre, l’association Créer son école fondée en 2005 et dirigée par Anne Coffinier, donnait sa première conférence de presse de rentrée. L’objectif de ce rendez-vous que l’association espère rendre annuel : présenter les statistiques des créations d’écoles hors contrat et les « nouveaux visages de la liberté scolaire ». L’occasion de faire l’état des lieux de l’enseignement libre en France. Par Jeanne Leclerc.

Créer son école se charge depuis quinze ans d’accompagner les créateurs d’écoles libres (aussi appelées écoles hors contrat ou indépendantes) sur les plans pratiques et juridiques. Elle organise des formations pour les créateurs, les directeurs et les professeurs. L’association peut également prêter main forte en cas de contentieux. Pas plus tard que cet été, elle a apporté une aide juridique aux établissements hors contrat dont les élèves avaient été empêchés de passer leur baccalauréat en contrôle continu, pour des histoires de livrets scolaires soi-disant « non-conformes ».

 

Selon les statistiques recueillies par l’association, les ouvertures d’écoles libres ont progressé de façon exponentielle depuis 15 ans et cette évolution se poursuit malgré l’épidémie. Lors de ses premiers recensements, l’association ne comptait qu’une dizaine de créations d’écoles libres par an, contre 124 en 2019, et 129 en 2020. Anne Coffinier se félicite de cette augmentation, particulièrement devant les difficultés engendrées par la loi Gatel et la crise sanitaire : « Cela témoigne d’une ténacité de la part des créateurs d’écoles et d’un réel mouvement de fond qui se poursuit cette année encore, malgré les difficultés ».

Lire aussi : Anne Coffinier : « Non au communautarisme de repli, oui à la communauté d’esprit »

Dans le détail, les écoles qui ouvrent le plus sont les écoles primaires, notamment à cause du rejet de la méthode de lecture imposée par l’éducation nationale, et de la question de la violence : « Les gens n’ont pas envie que leur enfant soit directement basculé dans le monde assez rude de l’école institutionnelle, publique ou privée sous contrat, avec de gros effectifs ». Sur les plans pratique et logistique il est également plus simple et nettement moins coûteux de créer une école maternelle ou primaire qu’un collège ou un lycée. On compte néanmoins huit créations de lycées hors contrat en 2020, ce qui est plutôt encourageant au regard des nouvelles difficultés imposées pour le baccalauréat. C’est d’ailleurs l’un de ces nouveaux établissements, Le Lycée Autrement, fondé par Tiphaine Auzière (belle-fille d’Emmanuel Macron) et Christophe Cadet, qui accueille la conférence de rentrée.

 

En matière de pédagogie, les écoles Montessori conservent leur succès et restent dans le peloton de tête en nombre d’ouvertures. Également de plus en plus d’écoles pour les publics spécifiques, comme les enfants à « haut potentiel » ou subissant des troubles divers.

“Ce repli des écoles catholiques devrait les amener à s’interroger sur leur modèle économique. Ont-elles raison de vouloir absolument créer des écoles dont le fonctionnement repose intégralement sur les dons ?”

Pour les écoles confessionnelles, « on note un véritable effondrement des écoles catholiques ». Celles-ci représentaient 18 % du total des ouvertures d’écoles libres en 2019, contre seulement 4,7 % cette année avec six ouvertures. La faute à un modèle économique le plus souvent à but non-lucratif et donc non-viable. En effet, leurs tarifs sont la plupart du temps et de très loin les plus bas, et décidés en fonction des moyens des familles avec des réductions pour les fratries. Toujours selon Anne Coffinier, « elles construisent leur modèle sur un manque à gagner où tout repose sur les dons. […] Ce repli des écoles catholiques devrait les amener à s’interroger sur leur modèle économique. Ont-elles raison de vouloir absolument créer des écoles dont le fonctionnement repose intégralement sur les dons ? Ne devraient-elles pas plutôt s’engager sur une autre piste : créer des écoles ayant un modèle économique, mais avec une politique de bourse sur donateurs très importante, pour petit à petit intégrer des enfants de familles moins
favorisées
  ? »

Les écoles juives elles, connaissent une évolution stationnaire par rapport à 2019, avec 4 % du total des ouvertures. À noter que de
nouvelles générations d’enfants juifs quittent les bancs de l’école publique pour le hors contrat, et ce même avec des parents non-pratiquants, à cause des brimades qu’ils subissent (particulièrement dans les banlieues).

Les écoles protestantes elles aussi stagnent avec 3 % du total des ouvertures.

Progression en revanche des écoles musulmanes qui passent devant les autres écoles confessionnelles avec 8,5 % des ouvertures, 11 en valeur absolue. Tout en sachant qu’il est très difficile de les répertorier.

Les écoles aconfessionnelles représentent l’écrasante majorité des ouvertures avec 80 %, soit 103 nouvelles écoles en valeur absolue.

Autre tendance, les écoles hors contrat se répartissent dorénavant sur l’ensemble du territoire, et non plus seulement dans les grandes métropoles.

Les écoles hors contrat rendent un véritable service à la nation : d’abord parce qu’elles accueillent des enfants qui seraient littéralement broyés dans des écoles publiques ou sous-contrat, celles-ci étant très égalitaristes et incapables de prendre en compte les différences et les spécificités. Se pose également, et de plus en plus, la question du harcèlement scolaire : de nombreux enfants
déscolarisés après avoir été harcelés n’acceptent de retourner sur les bancs de l’école que grâce aux établissements hors contrat, qui leur offre un cadre plus bienveillant et où les effectifs sont volontairement limités. Là est bien le défi posé par la loi Gatel et les mesures anti-Covid. Si les créations de lycées hors contrat sont empêchées par des mesures trop contraignantes voire incertaines concernant l’obtention du baccalauréat, quid des adolescents que l’école de la République est incapable d’intégrer ?”.


Source : lincorrect.org, “Créer son école fait sa rentrée”, publié le 13/09/20 parJeanne Leclerc. https ://lincorrect.org/creer-son-ecole-fait-sa-rentree/

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