ENSEIGNEMENT SUPERIEURLe Monde – L’université de Saclay profite à fond de « l’effet Shanghaï »

21 janvier 20220
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La très forte attractivité de l'Université de Saclay, boostée par le classement de Shanghai.

“L’attractivité de cette université d’Ile-de-France à dominante scientifique a fortement augmenté. En particulier pour ses licences double diplôme.

Devant Parcoursup, Jean-Nicolas a hésité. A l’origine, ce lycéen dijonnais envisageait une classe préparatoire aux écoles d’ingénieurs. Attiré aussi par le monde de la recherche, il ajoute la licence de mathématiques et physique de l’université Paris-Saclay à sa liste de vœux. « Mes professeurs m’ont recommandé d’aller plutôt en prépa, mais l’immersion dans le monde de la recherche, avec des stages dans des laboratoires, et le fait que Saclay soit un pôle scientifique important m’ont convaincu », explique aujourd’hui l’étudiant en première année de cette licence, bac mention très bien en poche.

Est-ce un effet du classement de Shanghaï ? L’université de Saclay, arrivée 13e cette année dans ce classement international, a, en tout cas, vu son attractivité augmenter sensiblement auprès des lycéens. Notamment pour certains de ses cursus double diplôme, considérés comme des alternatives aux classes préparatoires.

Ainsi, le nombre de candidatures sur les douze licences double diplôme (physique-chimie, Staps-sciences de l’ingénieur, ou encore informatique et mathématiques) est passé de 8 667 vœux en 2020 sur Parcoursup à 14 639 en 2021, pour 505 places. « A la rentrée dernière, nous avons fait le plein partout, avec des taux de pression en hausse pour nos formations sélectives », constate Isabelle Demachy, vice-présidente chargée de la formation, de l’innovation pédagogique et de la vie étudiante de l’université Paris-Saclay.
Qu’est-ce qu’une licence double diplôme ? Il s’agit d’un cursus pluridisciplinaire, permettant d’obtenir à la fois une licence en bonne et due forme et un DU, diplôme universitaire, pour un total de 240 ECTS (contre 180 pour une licence normale), en se spécialisant dans au moins deux disciplines. Ludérik a, par exemple, choisi la licence double diplôme de mathématiques et informatique. Hésitant avec une classe préparatoire, il a finalement opté pour Saclay : « J’ai aimé l’idée de ne pas me restreindre à un seul domaine directement. Il m’a semblé que les programmes bidisciplinaires seraient plus prestigieux que des licences classiques, et qu’il serait plus facile d’intégrer un master par la suite, ou bien une école. » Autre critère important à mentionner : ces licences sont officiellement sélectives.

92 % de mention très bien.

La licence de mathématiques, physique et sciences de l’ingénieur fait partie des cursus les plus demandés à l’université de Saclay. En 2021, elle comptait 3 350 candidatures, contre 2 000 l’année précédente. Et si l’on remonte à 2017, avant la création officielle de l’université Paris-Saclay, à l’époque encore Paris-Sud, elle en comptait moins de 1 000. « Plus la renommée de l’université grandit, plus le nombre de candidatures augmente, et plus le niveau monte. Dans cette licence, en 2020, nous comptions 68 % de mentions très bien. Parmi la dernière promotion recrutée en 2021, ils étaient 92 % », relève Nicolas Burq, enseignant-chercheur responsable du cursus. La sélectivité est assurée.

Il faut dire qu’avec sa nouvelle structuration, qui a intégré plusieurs universités et écoles, Saclay a réussi à intégrer le top 15 du fameux classement de Shanghaï des meilleures universités du monde, juste derrière les mastodontes anglo-saxons, qui trustent depuis des années les premières places. Côté palmarès thématiques, Saclay se hisse même à la première place en mathématiques, devant Princeton et La Sorbonne, et dans le top 10 en physique. Forcément, cet argument séduit des lycéens.

« Ces résultats dans les classements participent à l’attrait de nos formations, indéniablement. Nous le voyons dans les candidatures à tous les niveaux, pour le premier cycle comme les masters », acquiesce Isabelle Demachy. Pour les licences scientifiques, mais pour toutes les autres aussi.

Romain a choisi la licence de droit et économie, qui affiche sur Parcoursup un taux d’accès de 40 %. « J’avais entendu parler de l’université plutôt pour ses formations en sciences, mais j’ai vu qu’elle était très bien classée, avec une belle réputation. Dans mon entourage, pratiquement tout le monde en avait déjà entendu parler », se réjouit-il. Le prestige des uns rejaillit en effet assez naturellement sur les autres cursus de la maison.

Sélection indirecte

« De façon générale, la bonne réputation de l’université bénéficie à l’ensemble de la communauté. Les échos sur les établissements sont importants pour les lycéens, s’ils doivent faire leur choix entre deux licences, par exemple », ajoute Antoine Latreille, enseignant et responsable de la licence double diplôme de droit, sciences et innovation, qui a, elle aussi, fait le plein. L’université travaille sur une nouvelle formation, cette fois en droit et politique contemporaine, prévue pour la rentrée 2023.

Désormais, les candidats viennent de toute la France. « Dans les licences double diplôme, environ 30 % des admis viennent de province, 10 % de l’étranger. Ces chiffres sont, eux aussi, en augmentation », relève Loreynne Pinsard-Gaudart, vice-présidente adjointe du collège premier cycle de l’université. Les licences « classiques » non sélectives, elles, attirent principalement des candidatures régionales.

Néanmoins, du fait de l’attractivité de l’université, ces dernières, elles aussi, font le plein et refusent certains élèves, faute de places. Seule la licence de sociologie est réellement « non sélective ». « De fait, les évolutions récentes nous conduisent à une forme de sélection, même dans les licences qui ne le sont pas officiellement, faute de places suffisantes », souligne Nicolas Burq, inquiet de la sélection sociale qui pourrait s’instaurer… La rançon de la gloire ?”


Source : lemonde.fr, “L’université de Saclay profite à fond de « l’effet Shanghaï »”, publié le 21.1.22 par Laura Makary. https://www.lemonde.fr/campus/article/2022/01/21/l-universite-de-saclay-profite-a-fond-de-l-effet-shanghai_6110371_4401467.html#xtor=AL-32280270-%5Bmail%5D-%5Bios%5D

 

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