Éditos et analysesHarcèlement à l’école : le danger des réseaux sociaux

9 février 20200
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A l'école publique, un collégien sur cinq est confronté au harcèlement, qui passe de plus en plus par le vecteur des réseaux sociaux.

Un collégien sur cinq en France est victime de cyber-harcèlement, selon le ministère de l’Éducation nationale. Une pratique devenue courante à l’ère des nouvelles technologies et qui a pour particularité de se poursuivre en dehors des établissements scolaires.

Snapchat, Instagram, Tik Tok… Si vous avez des enfants, vous n’avez pas pu passer à côté de ces réseaux sociaux, tous plus addictifs les uns que les autres. Des pratiques qui amènent malheureusement leur lot de tracas.

Face à ces nouvelles technologies, les cas de cyber-harcèlement se sont en effet multipliés ces dernières années. Moqueries, partage de photos compromettantes, création de pages insultantes, les dérives d’Internet touchent aujourd’hui un collégien français sur cinq, selon des données du ministère de l’Éducation nationale.

 

Aucun répit

Avec parfois, des conséquences dramatiques. Les témoignages poignants de Marion Fraisse, pendue à l’âge de 13 ans dans sa chambre, ou de Jonathan Destin, jeune homme de 17 ans qui a tenté de s’immoler en 2011, sont là pour rappeler les terribles effets du cyber-harcèlement. « Avec les réseaux sociaux, la vie d’un adolescent peut être détruite en une semaine », souligne Fabienne Arragon, gendarme de la brigade de prévention de la délinquance juvénile de Metz.

En effet, le cyber-harcèlement a surtout pour particularité de n’offrir aucun répit à sa victime. Exposée 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, celle-ci connaît un état d’insécurité permanent et se sent encore plus isolée et fragilisée.

« Les mettre devant leurs responsabilités »

Pour faire face à ces problématiques, une seule solution : en parler. « Si vous êtes témoin d’un harcèlement, il ne faut pas hésiter à témoigner. Cela pourra aider à la fois la personne harcelée, mais aussi le harceleur », détaille la gendarme.

L’écoute, le vivre-ensemble et l’extériorisation des problèmes doivent ainsi être la clé pour lutter contre ce type de harcèlement. Se référer à un adulte de confiance également. « La crainte majoritaire des jeunes aujourd’hui, c’est d’être isolé. Donc beaucoup vont « liker » des posts pour rire, pour se sentir en adéquation avec un groupe, sans mesurer les conséquences de tels actes. Il faut les mettre devant leurs responsabilités. »

Trop peu de plaintes

Le rôle des parents est également primordial. Ces derniers doivent avant tout s’intéresser à ce que font leurs enfants sur les réseaux sociaux et entamer une discussion avec eux. « Tout est souvent lié. Si vous constatez que votre enfant a des problèmes de santé, des notes en baisse, qu’il se renferme sur lui-même, cela peut être des signes évocateurs d’un harcèlement », explique Fabienne Arragon.

En France, le cyber-harcèlement est un délit passible de deux ans de prison et de 30 000 euros d’amende. Si la victime a moins de 15 ans, la peine maximale est portée à 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende. Malheureusement, comme souvent dans les cas de harcèlement, de nombreuses victimes ne portent jamais plainte, souvent par peur de ne pas être prises au sérieux.

Un numéro vert « Non au harcèlement » a été mis en place par l’Éducation nationale pour recueillir des témoignages : le 3020. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 19 h, sauf durant les jours fériés. Un numéro vert « Net écoute », spécialement pour le cyber-harcèlement, a également été lancé : le 0 800 200 000. Gratuit, anonyme et confidentiel.

Les élèves de quatrième sont particulièrement sujets au cyber-harcèlement.  Photo RL /Sophie WIESSLER

La banalisation des photos intimes

Fabienne Arragon, gendarme de la brigade de prévention de la délinquance juvénile de Metz est intervenue au collège Adalbert de Bouzonville, auprès des élèves de quatrième, en cette fin du mois de janvier. « Perte de confiance en soi, violences physiques ou morales, suicide », les collégiens ont su rapidement mettre des mots sur le cyber-harcèlement.

Beaucoup d’émotions

À l’heure de la multiplication des témoignages de jeunes victimes, comme Marion Fraisse ou Jonathan Destin, et des séries abordant ce thème comme « 13 reasons why », les adolescents se sont montrés particulièrement attentifs aux conséquences du harcèlement en dehors et sur les réseaux sociaux.

Une intervention d’autant plus nécessaire à cet âge où les premiers flirts commencent. « C’est une période où ils ont accès à tout. Leur mentalité change, ils sont souvent sujets à beaucoup d’émotions », explique ainsi Fabienne Arragon. Des sentiments qui viennent malheureusement se mêler à leur utilisation des réseaux sociaux.

Encore un sujet tabou

« Depuis trois ans, nous devons combattre principalement les sextapes et les nudes », détaille ainsi la gendarme. Envoi de photos intimes, banalisation du corps, ces pratiques débouchent bien souvent sur du chantage, une fois la photo ou vidéo envoyée.

« Nous devons les sensibiliser sur l’impact, les conséquences des posts qu’ils font ou des photos qu’ils envoient. Leur corps n’est pas un jouet », poursuit la gendarme, qui note toutefois une sorte de repli de la part des étudiants.

Le cyber-harcèlement reste en effet encore un sujet tabou, y compris au sein même des familles. Difficile alors pour ces jeunes de s’exprimer correctement sur leur ressenti, de peur de « nuire leur réputation à l’école » ou d’être jugés. « La discussion avec l’enfant reste primordiale », appuie Fabienne Arragon.”


Source : republicain-lorrain.fr, “Harcèlement à l’école : le danger des réseaux sociaux”, publié le 9/2/20 par Sophie Wiessler. https ://www.republicain-lorrain.fr/edition-saint-avold-creutzwald/2020/02/09/harcelement-a-l-ecole-le-danger-des-reseaux-sociaux

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