L'école inclusiveHandicap : le déconfinement attendu par des familles à bout

7 mai 20200
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Pour les enfants en situation de handicap, le confinement a été une période particulièrement compliquée.

“D’ordinaire accueillis en établissements spécialisés, 110.000 enfants ont réintégré leur famille avec le confinement.

Le 11 mai, bout du tunnel pour les familles qui ont un enfant handicapé ? Lundi, Sophie Cluzel, la secrétaire d’État aux personnes handicapées, a présenté les grandes lignes de son plan de déconfinement. Le principe ? Pas de «discrimination du handicap au regard d’une vulnérabilité supposée». Tout comme l’école, les instituts médico-éducatif (IME) et d’éducation motrice (IEM), rouvriront «progressivement». «Nous savons qu’il y a une forte attente des familles. Elles ont besoin de répit», explique-t-on dans l’entourage de la ministre.

Depuis le 16 mars, les établissements spécialisés ont fermé. Plus de 110.000 enfants ont réintégré leur foyer. Aujourd’hui, ces familles ne veulent pas être les grandes oubliées du déconfinement.

En temps normal, 67 % des parents cessent ou réduisent leur activité professionnelle pour s’occuper d’un enfant handicapé. Pendant le confinement, beaucoup se sont mis en arrêt pour «garde d’enfants Covid». «D’ordinaire, les familles gèrent déjà 70 % du temps de leur enfant», rappelle Laurent Thomas, délégué général de la fédération Grandir ensemble qui, dès le 23 mars, a lancé la plateforme «Tous Mobilisés», visant à trouver des aides humaines -éducateurs, aides à domicile…-, pour soulager des familles. Un service qui fait partie des initiatives recensées sur le site solidaires-handicaps.fr, créé fin mars par le secrétariat d’État aux personnes handicapées.

Depuis le lancement, plus de 7 800 appels ont été traités. Parmi eux, 53 % de familles monoparentales. Les besoins ? Avant tout, un «répit d’urgence à domicile» (56 %), suivi d’une aide aux courses (33 %). Handicaps concernés ? Ceux qui mobilisent les parents à chaque seconde. L’autisme (48 %), le polyhandicap (28 %) et la déficience intellectuelle (12 %).

«Il crache, il tape, il se mord»

Théo, 11 ans, arrivait à dormir seul depuis le mois de septembre. Il souffre du syndrome de Bainbrigde-Ropers. Un trouble autistique associé à un retard psychomoteur. «Il faut rester à côté de lui et attendre qu’il s’endorme, raconte Florence Abadie, sa mère, qui constate, depuis le confinement, une régression comportementale chez son fils, accueilli d’ordinaire en IME, de 9 à 17 heures. Il se réveille dans la nuit. La dernière fois, il a mis l’iPad de son grand frère au micro-onde. Il a remis le disjoncteur que nous éteignons chaque soir. Il casse, il crache, il tape, il se mord. Je ne peux pas le maîtriser physiquement», explique la maman qui, chaque soir, se demande comment elle va tenir.

Tensions avec les frères et sœurs, de 15 et 17 ans, dans le couple… Avec son mari, ils tiennent l’hôtel de Courtoisville, à Saint-Malo. Florence a d’abord appelé à l’aide son IME. «On m’a conseillé de lui donner du téralène ou du valium. Mais je ne peux pas accepter ça». Lors de la deuxième semaine de confinement, alors que la situation dégénérait, elle a contacté la plateforme qui, en dix jours, lui a mis à disposition une aide à domicile, trois fois par semaine. Une respiration. Son IME rouvrira-t-il le 11 mai ? «Je n’ai pas de réponse à ce jour», explique-t-elle.

“Aurélia est une petite fille gaie, lumineuse. Depuis sept ans, elle en IME. Elle est sociabilisée”

Sabine, mère de famille

Sabine, mère de trois enfants, divorcée depuis quatre ans, est soulagée. Une semaine après avoir contacté la plateforme, elle vient d’obtenir une aide à domicile de 6 heures par semaine pour Aurélia, sa fille de 13 ans, trisomique. «Aurélia est une petite fille gaie, lumineuse. Depuis sept ans, elle en IME. Elle est sociabilisée», raconte-t-elle. Sabine vit près de Tours, avec ses trois enfants qu’elle a en garde partagée. Mais depuis le confinement, son mari, chef d’entreprise, ne peut assumer les enfants. Elle gère donc toute seule, et s’est mise en «garde d’enfants Covid».

Passées les trois premières semaines du confinement, les choses sont devenues intenables. «Aurélia demande ses copains, son papa. Elle a cassé ses lunettes, déchiré méticuleusement tous ses cahiers. Hier, elle a même pleuré. Elle me tape, me rejette, ne veut plus sortir dans le jardin». C’est avec impatience qu’elles attendent, toutes deux, la venue prochaine de l’aide à domicile. Quant au retour en IME, le 11 mai, il serait possible. «Mais Aurélia souffre d’une cardiopathie et d’une faiblesse respiratoire», précise Sabine.”


Source : lefigaro.fr, “Handicap : le déconfinement attendu par des familles à bout”, publié le 5/5/20 par Caroline Beyer. https ://www.lefigaro.fr/actualite-france/handicap-le-deconfinement-attendu-par-des-familles-a-bout-20200505

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