IDEESEn Seine-Saint-Denis, un camion-école pour les enfants des squats (France Bleu)

9 mai 20210
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Des cours dans un camion ? Découvrez l'action d'Askola, qui dispense des cours aux enfants des quartiers défavorisés.

“En Seine-Saint-Denis, l’association ASKOLA propose aux enfants qui vivent dans des squats ou des bidonvilles, scolarisés ou non, de suivre des cours à bord d’un camion pour “maintenir le lien” avec l’école, même en pleine crise sanitaire. Reportage lors de son dernier arrêt à Saint-Denis.

Ce mercredi matin, deux camions sont stationnés devant l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis. Un camion vert, un autre rose. Le bruit des voitures qui défilent sur la route ne semble pas gêner les enfants à l’intérieur des véhicules.

Un camion aménagé en salle de classe

Dans le camion rose, une mini-classe a été aménagée avec des tables, des chaises, un tableau. Des pots de crayons et des cahiers sont à disposition. Deux fillettes écoutent attentivement Louis, l’un des éducateurs de l’association ASKOLA, qui leur propose ce matin un jeu de société pour réviser de manière plus ludique le calcul et le français.

Nana, 12 ans et Aeya, 10 ans, vivent avec leur famille dans un immeuble insalubre, à quelques mètres de là, qui a fait l’objet d’une inspection des services de la ville et de la préfecture en janvier dernier. Pour Nana, qui est scolarisée à Saint-Denis dans une classe pour élèves NSA (non ou peu scolarisés antérieurement), l’école à la maison imposée lors de cette crise sanitaire du Covid-19 a été difficile à gérer. “J’ai internet mais sur un téléphone et c’est très lent”, nous explique-t-elle.

“Je préfère être à l’école parce que j’ai vraiment besoin de l’aide de la maîtresse surtout pour apprendre le français d’une bonne manière”. Même chose pour la petite Aeya, qui elle n’a pas du tout internet “à la maison” et a dû faire ses devoirs dans une chambre partagée avec ses trois frères et sœurs.

Pour ces enfants-là, en plus de cette crise du mal-logement qu’ils vivent, le problème c’est qu’ils n’ont pas les outils numériques, pas d’espace à eux pour pouvoir travailler, faire les devoirs, donc ça fragilise deux fois voire trois fois plus leur situation de très grande précarité“, assure Emmanuelle, une autre éducatrice. “Ici, le camion, c’est un abri, une sorte de refuge pour eux. Les enfants sont juste des élèves qui ont soif d’apprendre. Ils ne nous parlent pas directement de tous ces problèmes mais leurs parents, si”.

Maintenir le lien avec l’école pendant la crise

Le risque de voir des élèves décrocher était la hantise de beaucoup de professeurs en Seine-Saint-Denis, pendant cette crise du Covid, une crainte qui s’est confirmée dans certains cas, dans certaines villes. Pour ces enfants syriens qui ont longtemps été éloignés du système scolaire et qui le sont toujours pour certains, il était primordial de maintenir les tournées des camions-écoles, explique Yahya, l’un des médiateurs de l’association.

“Pendant le troisième confinement, le camion était présent toute la journée le mercredi pour assurer la continuité pédagogique et faire de l’aide aux devoirs. On était en contact permanent avec les professeurs des élèves déjà scolarisés, on a imprimé tous les devoirs et les documents pour les distribuer aux familles… Pendant cette crise, on a été le premier relais de communication entre l’école et ces familles”.

Des familles syriennes bientôt évacuées ?

La mère d’Aeya, arrivée à Saint-Denis il y a un an, voulait à tout prix  que ces enfants soient scolarisés, crise sanitaire ou pas. “C’est mon rêve, que mes enfants aillent à l’école parce que moi je n’y suis jamais allée, je veux que mes enfants saisissent cette chance”. Aujourd’hui, un autre problème lui fait craindre le pire : l’évacuation imminente de sa famille et d’autres familles syriennes qui vivent dans le même immeuble insalubre, dans des conditions de vie indignes.

“Il faut absolument que ces familles soient relogées mais surtout à Saint-Denis, pour que les enfants qui ont trouvé une place dans une école de la ville puisse continuer à y aller. On a peur que les familles soient envoyées ailleurs et qu’on perde ces jeunes”, explique Lucile Touchard, coordinatrice de projets chez Askola.

L’association fondée en 2006,  accompagne aujourd’hui 293 enfants qui vivent dans des squats et bidonvilles en Seine-Saint-Denis. Parmi eux, 194 ont fini par être scolarisés.”


“Source : francebleu.fr, “En Seine-Saint-Denis, un camion-école pour les enfants des squats”, publié le 4 mai 2021, par , France Bleu Paris. https://www.francebleu.fr/infos/societe/en-seine-saint-denis-un-camion-ecole-pour-les-enfants-syriens-1620135082

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