École en nature, école des territoires“Coronavirus. Pour les enseignants, pas simple de maintenir les gestes barrières”

29 mars 20200
https://educfrance.org/wp-content/uploads/2020/03/d350ad66-fa8c-49a8-9fb3-69558654389c.jpg

"Enseignants et agents territoriaux accueillent dans les écoles les enfants des personnels de santé. Ils sont volontaires mais inquiets. Selon les communes, tous ne sont pas protégés de la même façon."

“Ils sont volontaires, mais cela n’empêche pas l’inquiétude. Depuis le début du confinement, pour cause de pandémie du Covid-19, des écoles accueillent les enfants des personnels soignants et autres personnels indispensables à la gestion de la crise sanitaire.

Mais quelles protections pour ces enseignants et agents en contact avec les enfants ? La fermeture d’une école dans le Loiret, pour cause de suspicion de Covid-19 sur deux enseignants a fait causer. Bien sûr, les enfants ne sont pas plus de dix par classe. Bien sûr, les adultes qui les encadrent veillent à respecter les gestes barrières (un mètre de distance, se laver régulièrement les mains…). « Mais avec les petits, c’est difficile. Il faut les aider pour aller aux toilettes, les moucher. Maintenir les gestes barrières avec eux, forcément, c’est très compliqué », souligne Céline Sierra, directrice de l’école élémentaire des Garennes, à Nantes. Difficile aussi d’aider les plus grands à faire leur travail scolaire sans se rapprocher d’eux.

La première semaine du confinement, elle s’est portée volontaire à l’école nantaise Joseph-Blanchard, où sont regroupés les enfants de trois écoles de la circonscription. Elle y retourne cette semaine. « À chaque fois qu’on donne une feuille de papier, un jouet, il faut se laver les mains, vérifier qu’ils le font, dit-elle. Même s’ils ne sont que dix au maximum, c’est une attention de tous les instants ».

Difficile de faire respecter les distances

Cet enseignant de Saint-Herblain, volontaire lui aussi, a passé deux après-midi à l’école René-Guy-Cadou. Plus d’une trentaine de profs sont volontaires dans cette circonscription. Suffisant pour que ça tourne. « C’est ma façon d’apporter ma petite pierre à l’édifice, de participer à l’effort national. » Jeudi 26 mars, l’école accueillait onze enfants, neuf vendredi 27. « Le plus difficile, c’est de faire respecter les distances. Les petits sont tactiles », confirme-t-il lui aussi.

Chaque jouet et objet touché sont déposés dans une grande boîte pour être désinfecté. Pas d’échange de crayons entre enfants sans nettoyage aussi sec. Et tous les jouets, jeux, matériels ne sont pas accessibles aux élèves. Il y a du gel hydroalcoolique à disposition, de l’eau et du savon, des lingettes désinfectantes. Le midi, les assiettes sont déjà positionnées sur une table par les agents et chaque enfant a sa place, qui est la même pour le goûter. Vigilance maximum. « Mais forcément, oui, j’ai des inquiétudes. C’est très difficile de travailler avec des enfants sans s’en approcher. On n’a pas de masques. Même si ce qu’on entend sur le port du masque est assez contradictoire, ça rassurerait d’en avoir, je pense. »

À Nantes, deux masques par jour et par personne

À Nantes, la semaine dernière, la Ville a décidé de doter de masques tous enseignants, agents, animateurs en contact avec les enfants accueillis. Ils bénéficient de deux masques par jour et par personne. Ce qui représente environ 1 200 masques par semaine environ. « Ça a apaisé les inquiétudes, reconnaît Céline Sierra. Même si on sait bien que ce n’est pas parce qu’on porte un masque qu’on ne sera pas contaminé. Mais ça participe au fait d’être mieux protégé. »

Mais ce n’est pas le cas dans toutes les communes. « Certains enseignants sont très angoissés, commente Rachel Jacquier, enseignante de maternelle, à Ancenis. Le stress a monté avant les fermetures d’écoles. Parce que potentiellement, les enfants sont peut-être les plus porteurs du virus. Et quand il faut moucher ou emmener un enfant aux toilettes, on n’est pas à un mètre de lui. » À Ancenis, ni masque ni gel. « Ce serait pourtant une première mesure. »

Pour l’heure, malgré l’inquiétude, enseignants, agents et animateurs sont toujours là. « C’est très anxiogène, mais il y a toujours des volontaires », constate Rachel Jaquier. À Ancenis, il y a même plus de volontaires que d’enfants à accueillir.”


Source : ouest-france.fr, “Coronavirus. Pour les enseignants, pas simple de maintenir les gestes barrières”, publié le 29/3/20 par Yasmine Tigoé. https ://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/coronavirus-pour-les-enseignants-pas-simple-de-maintenir-les-gestes-barrieres-6794874 ?connection=true

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués : *

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Privacy Settings saved!
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos cookies ici.

Veuillez noter que les cookies essentiels sont indispensables au fonctionnement du site, et qu’ils ne peuvent pas être désactivés.

Pour utiliser ce site Web, nous utilisons les cookies suivant qui sont techniquement nécessaires
  • wordpress_test_cookie
  • wordpress_logged_in_
  • wordpress_sec

Refuser tous les services
Accepter tous les services