École en nature, école des territoires“Coronavirus. Autour de Nantes. Les profs phosphorent pour garder le contact avec leurs élèves”

20 mars 20200
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"Comment garder le lien avec ses élèves pour le suivi des cours en période de confinement ? Surtout quand les espaces numériques de travail bugguent. Des profs contournent les difficultés, comme ils peuvent."

« Depuis quinze jours, je me doutais d’un confinement. J’ai donc plutôt avancé sur les cours sans trop faire d’exercice d’application, notamment pour des sujets assez faciles. Et vendredi dernier, je leur ai donné huit exos du livre à faire pour cette semaine. » Céline est prof de maths en 6e, dans un collège de Rezé, au sud de Nantes. Elle a anticipé et surtout, lors de son dernier jour de cours en direct, rassuré ses élèves de 11 ans. Sur le cahier de texte en ligne du logiciel Pronote, elle mettra à la fin de la semaine les corrections des exercices donnés vendredi et quelques conseils de travail. « Je ne ferai sans doute pas de nouvelles notions durant le confinement, dit-elle. Au pire, si ça dure, j’aborderai celles qui sont le plus simples et je les reprendrai en classe, plus tard, avec ceux qui n’auront pu les faire. »

Pas évident d’enseigner à distance. Surtout quand les outils numériques, en surchauffe, se mettent à bugger. Et qu’au débotté, il faut jongler. « Ce sont des outils que l’on n’utilise pas tellement habituellement, reconnaît Thierry Le Bihan, prof de SES en seconde et terminale, au lycée Clemenceau, à Nantes. Le temps de se familiariser, ça prend un peu de temps. »Il a posté du boulot sur Itslearning et prévoit de procéder ainsi plusieurs fois par semaine. Si Its-leraning ne fonctionne pas ? Il enverra consignes et conseils via sa messagerie professionnelle.

« Des blagues, pour garder le sourire »

Aminata Bathily, elle, est prof de techno. En plus de Pronote, elle a demandé l’autorisation à son principal de créer un groupe WhatsApp par classe. Elle envisage aussi de passer par des visioconférences. « C’est payant, dit-elle. Soit je débourse 30 € et je peux connecter trois classes en même temps, soit je passe par les services du rectorat, mais ça risque de bugguer… » Les exercices de manipulation sont impossibles à demander aux élèves à distance. Mais elle leur a envoyé des exercices de programmation. « Il y a des applis gratuites pour programmer en s’amusant. »

L’important, en cette période insolite, c’est aussi de rassurer les élèves. « Garder le sourire », insiste David Charpentier, directeur d’une petite école rurale privée, à Sion-les-Mines, dans le pays de Châteaubriant et enseignant en CM1-CM2. Chaque matin, sur le blog de sa classe, il met une petite vidéo, une blague pour donner le moral. Autre initiative : via bookcreator, studio de créations de livres numériques en ligne, les enfants sont invités à créer « le livre des sentiments ».

« On a un blog depuis plusieurs années dans l’école qu’on utilisait déjà comme support de travail. J’ai demandé au responsable informatique d’y installer un agenda. » Il y met des consignes de travail qui renvoie vers un manuel ou un texte au format PDF, « en précisant bien qu’il n’est pas nécessaire d’imprimer, car tout le monde n’a pas d’imprimante », des quiz… En fin de journée, les enfants reçoivent les corrigés. Tout est accessible via un smartphone. Chaque classe a une adresse mail où les élèves peuvent envoyer travaux, mais aussi des photos, des petits mots. Pour garder le lien.

« Montrer qu’on est là »

D’autres, comme la directrice de l’école alternative Graine d’explorateur, prépare des séances de travail sur classroom, plate-forme d’apprentissage gratuite dédiée aux écoles, et sur Slack. « Il faut montrer aux familles qu’on est là, insiste une directrice d’école et prof de maternelle de Mauves-sur-Loire, au nord de Nantes. L’équipe n’a pas ménagé sa peine. Vendredi 13 mars, elle a récupéré les adresses mails de touts les parents. Des pistes d’activités au quotidien avec les enfants, des exercices sont envoyés. « C’est différent de ce qu’on fait habituellement, précise la directrice. Là, on doit travailler pour les parents, leur donner des recettes. On leur proposera des rendez-vous téléphoniques. On va aussi communiquer avec les enfants par mail, leur envoyer des photos. »

Ce jeudi 19 mars, toute l’équipe se retrouve par une visioconférence pour voir comment mettre en place une classe virtuelle. En élémentaire, les enseignants envoient chaque jour le travail quotidien. Et prennent soin de leurs élèves à distance. « Je vous félicite,leur écrit l’une d’elle. Vous êtes venus à bout de cette première journée. Vous êtes formidables ! »”


Source : “Coronavirus. Autour de Nantes. Les profs phosphorent pour garder le contact avec leurs élèves”, publié par Yasmine Tigoé le 18/3/20. https ://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/coronavirus-autour-de-nantes-les-profs-phosphorent-pour-garder-le-contact-avec-leurs-eleves-6785131 ?connection=true

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