L'école, aprèsComment l’EdTech profite de la crise du Covid (Les Echos)

8 janvier 20210
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Les Echos reviennent sur la révolution engendrée par le confinement : désormais, les EdTech sont devenues incontournables.

“Le monde de l’éducation amorce sa révolution. La crise sanitaire a précipité l’utilisation de l’apprentissage en ligne et projeté sur le devant de la scène les start-up du secteur. Scolaires, étudiants, demandeurs d’emploi, salariés : tous les publics peuvent désormais se former à domicile. Une tendance appelée à durer.

Lalilo. Son nom provient des voyelles a i o… Les premières lettres quand on apprend l’alphabet selon la méthode de Stanislas Dehaene, le pape des sciences cognitives, le l étant la première consonne. « Il faudrait en changer, les Américains ont du mal à le prononcer ; mais je crois qu’on s’y est attaché. C’est un mot qui évoque l’enfance », explique Laurent Jolie, le cofondateur de cette start-up spécialisée dans l’apprentissage de la lecture qu’il a créée en 2016 avec Amine Mezzour et Benjamin Abdi, tous trois polytechniciens.

« Le secteur éducatif m’attirait. Ma belle-mère, prof à Clamart, nous a ouvert son école. Dans une classe de CP, l’une des élèves, Ramata, avait du mal à lire une phrase : son instit’ l’a reprise plusieurs fois mais a fini par s’occuper du reste de la classe : ‘Je ne peux pas sauver tout le monde ‘, nous a-t-elle confié, désolée. Cela m’a marqué et on a mis au point un site pour apprendre les voyelles. En une semaine, la fillette les reconnaissait. La prof a trouvé ça super. On a ajouté ensuite les consonnes puis les syllabes. Ramata a pu vite réintégrer la classe et on s’est occupé d’une autre élève en difficulté… » Lalilo était née.

Son originalité : axer l’apprentissage sur la différenciation, chaque élève ayant des besoins particuliers, et jouer la complémentarité avec l’enseignant. Mais ce qui semblait être le début d’une belle histoire a pris un tour inattendu. « Toutes nos tentatives ont échoué, faute de budget, relate Laurent Jolie. Au lieu de créer une boîte, on a alors déposé des statuts associatifs, fait le tour des fondations, discuté avec beaucoup de gens à l’Education nationale mais rien ne se passait. On a mis six mois pour se rendre compte que ça n’allait pas marcher. » L’histoire aurait pu s’arrêter là…

Appel d’offres

Mais les trois entrepreneurs ne lâchent pas l’affaire. En septembre 2016, ils partent à San Francisco suivre le séminaire The Refiners. Cet accélérateur de jeunes pousses non américaines, monté par des Français , leur donne les clés pour comprendre l’écosystème local. Trois mois plus tard, Lalilo lève 1,6 million d’euros, recrute une équipe et lance une offre pour les écoles américaines. Son modèle : une utilisation gratuite pour les professeurs, mais des tableaux de bord de suivi des progrès des élèves payants. Le succès est quasi immédiat : Lalilo compte aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers d’utilisateurs par semaine. L’histoire aurait donc pu se résumer à des startuppeurs français obligés d’aller ailleurs pour réussir…

Mais pendant que la jeune pousse se développe aux Etats-Unis, Laurent Jolie répond en 2017 à un appel d’offres de l’Education nationale sur l’apprentissage de la lecture. Deux ans plus tard, Lalilo est sélectionnée pour coconstruire avec le ministère un produit spécifique et l’expérimenter pendant deux ans. Dans les premiers temps, 4.000 enseignants utilisaient Lalilo, au rythme de 50 inscriptions par jour en moyenne. Lors du premier confinement, le nombre d’inscriptions s’est envolé, convainquant jusqu’à 45.000 enseignants avant de revenir à près de 16.000. Laurent Jolie espère bien que l’expérimentation menée en France sera finalement généralisée…

Les freins au développement

Pour l’heure, Lalilo semble un peu l’exception qui confirme la règle à l’Education nationale. « Jean-Michel Blanquer a beaucoup parlé de neurosciences mais, dans la réalité, il n’a pas encore fait grand-chose en matière d”adaptative learning ‘. Il reste finalement très classique », regrette Marie-Christine Levet, fondatrice d’Educapital, le premier fonds au monde dédié aux EdTech et qui a notamment investi dans Lalilo. « Les écoles, même dans le supérieur, ont réalisé peu d’investissements jusqu’ici, et essentiellement dans l’équipement en matériels », regrette-t-elle.

“Le premier confinement a été un catalyseur partout dans le monde.”

À la différence de pays comme les Etats-Unis ou la Norvège, le marché scolaire français souffre encore de nombreux freins, tant structurels que culturels. « Les processus d’achats s’avèrent très encadrés, les différentes collectivités responsables des écoles, collèges, lycées sur le volet financier n’ont pas la main sur le volet pédagogique et les moyens restent limités », détaille Rémy Challe, directeur général de l’association EdTech France qui regroupe près de 300 entreprises du secteur. La diabolisation de l’utilisation des écrans par les parents et la méfiance du public à l’égard des organismes privés n’aideraient pas non plus, même si les éditeurs scolaires et les fabricants de calculatrices ne travaillent pas bénévolement…

Mais la perception change. « Le premier confinement a été un catalyseur partout dans le monde, il y a eu beaucoup de levées de fonds l’an dernier , de nombreuses licornes sont apparues aux Etats-Unis et en Asie. Cette crise a sans doute permis de gagner cinq à dix ans dans l’évolution des besoins et des mentalités. Des tabous sont tombés », souligne Marie-Christine Levet.

EdTech : le Top 10 des licornes mondiales

Valorisation en milliards de dollars

Yuanfudao (Chine) : 15,5

Byju’s (Inde) : 10,5

Zuoyebang (Chine) : 6,5

VIPKid (Chine) : 4,5

Udemy (Etats-Unis) : 3,2

Coursera (Etats-Unis) : 2,5

Duolingo (Etats-Unis) : 2,2

Unacademy (Inde) : 1,44

ApplyBoard (Canada) : 1,4

Course Hero (Etats-Unis) : 1,1

Source : HolonIQ

Pour l’heure, les outils les plus utilisés restent les applis de vidéoconférence, contrôlées en bonne partie par les Gafam. Mais des établissements ont mis le turbo, en recrutant des Chief Digital Officers s’ils n’en avaient pas déjà et innové : examens en ligne, mise en place de systèmes de management facilitant la vie scolaire, la gestion de carrières… « On utilisait certains outils mais la crise nous a poussés à les renforcer, notamment pour nos étudiants étrangers qui ne pouvaient pas venir sur place », confirme Delphine Manceau, directrice générale de Neoma Business School.

La fin du 100 % en présentiel

Présente à Rouen, Reims et Paris, cette école a mis en place un campus virtuel pour maintenir un semblant de vie universitaire en se faisant aider par l’association Laval-Virtual. Tous les enseignements ont été adaptés au distanciel : cours asynchrones pour la personnalisation de l’apprentissage, vidéos, jeux et chats facilitant l’interaction, et pauses pour travailler en groupe.

Laval Virtual, champion des campus virtuels

Créée il y a vingt-deux ans à Laval pour organiser le salon du même nom dédié à la réalité virtuelle, cette association s’est vue confier en 2016 par les collectivités territoriales un centre d’innovation pour travailler sur les nouveaux usages dans ce secteur. L’annulation l’an dernier du salon pour cause de Covid a poussé ses organisateurs à le transformer en salon pour le coup 100 % virtuel en recourant à la plate-forme californienne Virbela. « Le succès nous a permis en six mois de devenir un leader européen des événements virtuels », raconte tout content Laurent Chrétien, son directeur général. Plusieurs écoles notamment ont fait appel à eux pour créer leur campus virtuel mais aussi des grandes entreprises. Du coup, l’association va créer une société anonyme en ce début d’année pour abriter cette nouvelle activité lucrative et lever des fonds pour la développer.

Une évolution qui exige des investissements importants : 4 millions d’euros pour les outils, les équipements et le renforcement de la sécurité. Mais ces innovations vont continuer de servir une fois la crise sanitaire passée. « On ne reviendra jamais à du 100 % présentiel, assure Delphine Manceau. Notre objectif à terme est environ 60 % en présentiel et 40 % en distanciel avec des variations selon les disciplines. »

Enseignement du futur

L’enseignement du futur pourrait-il être essentiellement à distance ? Les acteurs s’accordent tous à pointer l’importance du présentiel. « L’école à la maison, ce n’est vraiment pas la panacée. Il faut penser le numérique non comme un outil en soi qui remplacerait l’enseignant, mais comme partie intégrante de l’apprentissage, souligne Rémy Challe. L’important, c’est le passage à une échelle suffisante d’utilisateurs pour que les start-up du secteur puissent survivre et grandir au lieu de se faire dépasser ou manger par des boîtes étrangères. »

Sur un secteur, l’enseignement des maths, où la France pointe aux dernières places , DragonBox, start-up d’origine française qui a développé un jeu vidéo pour apprendre l’algèbre de manière ludique, est de fait passée sous pavillon norvégien. Revendiquant 2 millions de téléchargements, Jean-Baptiste Huynh, son cofondateur installé à Oslo, s’est allié en 2019 avec le groupe norvégien Kahoot, spécialiste des quiz personnalisables dans lequel SoftBank a pris près de 10 % en octobre dernier et qui pèse près de 3 milliards d’euros. « On aurait pu aller chercher de l’argent, mais rejoindre Kahoot nous évite le processus de levée de fonds et nous fait gagner du temps », explique le Français, dont le jeu est désormais inclus dans l’offre du leader européen de l’EdTech.

360Learning, une start-up créée en 2010 dans le but de développer l'apprentissage collaboratif au sein des entreprises.

360Learning, une start-up créée en 2010 dans le but de développer l’apprentissage collaboratif au sein des entreprises.DR

Déjà, ses petits personnages, les Noums, en cour dans des écoles norvégiennes, finlandaises et américaines, sont entrés dans l’édition avec un bouquin bimédia (livre et appli) qui a pris 20 % du marché des CP-CE1 au pays des Vikings… Les Noums viennent aussi de débarquer en France en CP grâce à un partenariat avec l’éditeur scolaire Retz. « La France n’est pas un marché facile, on va voir ce que cela donne », déclare l’entrepreneur, déjà sur son nouveau projet : étendre, au-delà des maths, son outil à d’autres matières car, il en est convaincu, l’apprentissage même scolaire va devenir de plus en plus autonome et individuel.

L’« Animal Crossing » de l’éducation

C’est aussi la conviction d’Emmanuel Freund, l’ancien cofondateur de Blade et de son service de  cloud gaming, en quête d’un projet à fort impact dans l’éducation. « Je me suis aperçu qu’il y avait des milliers d’applis mais aucune vraiment ambitieuse et multidomaine. D’où l’idée du jeu éducatif PowerZpermettant aux enfants d’apprendre tout en s’amusant », raconte-t-il en ciblant dans un premier temps les 6-10 ans. Connu dans le secteur, il lève 3 millions en un mois (Educapital, Hachette Livre, Pierre Kosciusko-Morizet…) et commence à développer son jeu en août.

“Nous aurons réussi si l’enfant n’a jamais l’impression qu’il travaille.”

Objectif : présenter ces jours-ci une première version de sa plate-forme offrant un monde virtuel de même qualité qu’Animal Crossing ou Fortnite… « Ce n’est pas un produit fini, le contenu doit être validé auprès de la communauté car on aborde notamment dans le jeu des sujets un peu ‘touchy’ comme l’esclavage ou la Shoah », explique l’entrepreneur. Toutes les matières scolaires habituelles y sont intégrées mais aussi l’astronomie, la botanique, la photographie, le codage ou bien encore le langage des signes. « Nous aurons réussi si l’enfant n’a jamais l’impression qu’il travaille », table Emmanuel Freund. Le jeu sera gratuit « pour que le plus possible d’enfants y accède », justifie l’entrepreneur qui espère gagner de l’argent grâce au « cosmétique payant » (accessoires achetables dans le jeu).

Cercle vertueux

De là à ce que ces jeux entrent à l’école, il y a sans doute encore un pas à franchir mais « les Etats généraux du numérique en novembre dernier ont acté un changement de paradigme, estime Jean-Marc Merriaux, à la tête de la Direction numérique de l’Education nationale. À la demande des EdTech, les enseignants vont ainsi bénéficier d’un compte ressources, ce qui leur permettra de choisir eux-mêmes leurs outils digitaux. » Une liberté qui pourrait profiter aux start-up.

« Notre objectif est de mettre en place un cercle vertueux entre le Cned, les start-up du secteur, les chercheurs et les expériences menées sur le terrain. C’est comme cela que l’on avancera », assure Michel Reverchon-Billot, le directeur du Centre national d’enseignement à distance, qui balaie la crainte des EdTech de voir les moyens du plan de relance en faveur du numérique absorbés par les acteurs publics.

La mue du Cned

Spécialiste en la matière, le Centre national d’enseignement à distance (Cned), créé en 1939 pour pallier la désorganisation de l’enseignement au début de la guerre, a déjà amorcé sa mue technologique, après avoir été ringardisé dans un rapport sévère de la Cour des comptes en 2013. Utilisé en temps normal par près de 200.000 élèves dans le monde, sa plate-forme « Ma classe à la maison » (conçue par l’américain Blackboard) a vu le nombre de ses utilisateurs exploser en mars dernier. « En quelques jours, 1,9 million de familles et plus de 500.000 enseignants de la maternelle à la terminale se sont connectés. Même si l’on a subi pas mal d’attaques, le système a bien tenu », se félicite Michel Reverchon-Billot, son directeur depuis 2017.

Si la classe virtuelle classique représente encore une grosse part de l’activité du Cned, l’établissement public travaille également avec une dizaine de start-up pour améliorer son offre sur l’interactivité (Glose), l’empreinte mémorielle (Domocio) ou bien le passage d’examens à distance (TestWe). « Nous devons avoir une plate-forme plus simple et innovante », déclare le responsable. C’est pourquoi les Etats généraux du numérique ont acté la transformation du Cned en une « académie numérique ». Son budget a été accru pour travailler sur l’apprentissage personnalisé grâce à l’intelligence artificielle, l’entraînement à l’oral et aux langues, le travail collaboratif via des chats adaptés, les coachs numériques via les smartphones, ou l’évaluation des progrès…

Dans la formation professionnelle, les start-up françaises n’ont pas attendu en tout cas l’aide publique, l’apprentissage en ligne attirant de plus en plus d’étudiants qui n’ont pas la formation recherchée près de chez eux, de salariés qui souhaitent changer de métier, ou de demandeurs d’emploi. Créée en 1999, OpenClassrooms propose 55 formations diplômantes, de bac + 2 à bac+5 dans les métiers du digital mais aussi les ressources humaines ou la gestion. « On a près de 2 millions d’élèves par mois, dont plus de la moitié en France, et on cherche surtout à se concentrer sur les secteurs qui recrutent. Avec le Covid, on a gagné cinq ans de progression », estime Pierre Dubuc, cofondateur de cette licorne potentielle comme Skill and You (spécialisé sur les métiers en tension jusqu’à bac+2) ou 360Learning…

Moins cher et plus accessible

Dans le cadre du plan d’investissement dans les compétences, Pôle emploi a lancé en 2019 un appel d’offres pour des formations 100 % à distance sur certains métiers en tension. Une première en Europe. « On a sélectionné treize attributaires qui devaient commencer leurs sessions en avril dernier. Avec le confinement, ils ont accepté de commencer un mois plus tôt », raconte Audrey Pérocheau, directrice du développement des compétences dans les territoires, à Pôle emploi. Le succès a été phénoménal. « Les 5.000 inscriptions prévues pour la première année ont été atteintes en deux mois et demi. »

« C’est moins cher qu’une formation traditionnelle et cela permet à des handicapés, des aidants, des gens qui ont besoin de travailler de se former à leur rythme tout en étant suivi tout du long », explique Pierre Dubuc. Entreprise à mission, OpenClassrooms s’est fixée comme objectif de rendre l’éducation accessible à tous. « En 2019, 40 % de nos étudiants étaient financés par un employeur ou le CPF. En 2020, ils étaient plus de 70 % », annonce-t-il non sans fierté en mettant en avant ses partenariats noués avec plus d’un millier d’entreprises, dont la moitié du CAC40. Un tel succès doit faire des envieux… « On est approché tous les jours. Mais on dit non, ce n’est pas le moment », répond ce patron heureux.

360Learning, le pionnier de l’apprentissage collaboratif

Chez 360Learning, start-up créée en 2010 dans le but de développer l’apprentissage collaboratif au sein des entreprises, la crise sanitaire n’a fait qu’accélérer un phénomène déjà lancé. « Le collaborative learning permet de gagner beaucoup de temps car, souvent, les compétences sont présentes au sein de l’entreprise, il suffit de les chercher, explique Jean-Christophe Bourgarde, directeur de l’international. Le Covid a juste braqué les projecteurs sur les besoins de changement des entreprises. » Dès le mois de mars, la start-up a lancé le programme d’accompagnement de gestion de crise, proposé des cours sur le télétravail et l’hygiène, etc. Même l’AP-HP a fait appel à eux pour former rapidement près de 10.000 soignants à un nouveau logiciel utilisé pour l’accueil et le suivi des patients Covid-19. « Le délai était très court, l’enjeu de taille mais, en quelques jours, la formation était sur pied. La capacité d’adaptation et l’agilité sont fondamentales dans un marché incertain, assure Jean-Christophe Bourgarde. On ne peut plus prévoir son business plan des années à l’avance, les entreprises aujourd’hui doivent être prêtes à se réinventer plusieurs fois par an. » En tout cas, 360Learning, qui compte 1.200 clients dans le monde dont la moitié du CAC40, ne connaît pas la crise et va recruter 70 personnes dans les mois qui viennent…”

Laura Berny

Source : lesechos.fr, “Comment l’EdTech profite de la crise du Covid”, par Laura Berny, publié le 8/1/21. https ://www.lesechos.fr/weekend/business-story/comment-ledtech-profite-de-la-crise-du-covid-1279148

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