L'école dans le monde“Anna Stépanoff fait école dans le numérique”

26 février 20200
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Portrait de la créatrice de Wild Code School.

“Née en Biélorussie, passée par Harvard et l’Ecole normale supérieure, cette Française d’adoption, qui a quitté l’Union soviétique à 19 ans, a créé Wild Code School, une école de formation aux métiers numériques à travers l’Europe. Elle vient, il y a quelques jours, d’inaugurer de nouveaux campus, aux Pays-Bas, en Hongrie, en Irlande et en Italie. Portrait.

Un point commun entre Amsterdam, Barcelone, Budapest, Dublin et Milan ? Ces cinq cités européennes sont, depuis quelques jours, dotées d’un campus de la Wild Code School, fondée par Anna Stépanoff. Cela porte à 24 le nombre d’établissements de cette école de formation aux métiers du numérique que la jeune femme a créée.

Née en Biélorussie, passée par le département sciences sociales de la prestigieuse université américaine Harvard et la non moins renommée Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, la jeune femme, qui a quitté l’Union soviétique à l’âge de 19 ans, a suscité quelques interrogations lorsqu’elle a lancé son projet en 2013.

Car elle ouvert sa première école de code… à La Loupe, un village de 3.500 âmes niché dans le Perche. « Je suis partie d’un triple constat : les compétences en informatique font défaut partout, les formations trop statiques n’évoluent pas au rythme des besoins et les nouvelles technologies ont rendu le savoir accessible depuis presque tous les endroits de la planète… y compris la campagne perchoise », explique cette femme de 37 ans, qui a plaqué un poste confortable chez McKinsey pour vivre son rêve d’entrepreneuriat.

Un ovni

Très vite soutenue par les collectivités, notamment le Conseil départemental de l’Eure-et-Loir et la région Centre-Val de Loire, la Wild Code School attire l’attention de la Caisse des Dépôts et obtient une subvention substantielle pour financer son déploiement en Europe.

« Une Biélorusse historienne et consultante qui monte une société dans la cambrousse, loin de tout incubateur : c’est un ovni ! s’amuse Arthur Muller, fondateur de la start-up LMP, rencontré à Normale sup. Pourtant, elle a convaincu à la fois les apprenants, les enseignants et les investisseurs, parce que son « driver » n’est pas seulement économique. Anna a une détermination sans faille, un projet pédagogique qui fait écho aux enjeux actuels et elle connaît les rouages de l’éducation mieux que personne. »

Histoire de l’art à la Sorbonne

Fille de scientifiques, petite-fille d’institutrice, Anna Stépanoff fut plongée, dès l’âge de dix ans, dans des ouvrages consacrés aux méthodes d’apprentissage. En outre, cette dévoreuse de livres, en anglais dans le texte, a enseigné l’histoire de l’art au XIXe siècle pendant trois ans, à l’université de la Sorbonne, à Paris.

« A cette époque, confrontée à des contenus pédagogiques obsolètes, à des confrères qui avaient peu d’appétit pour le changement et à un cadre extrêmement rigide, j’ai ressenti une réelle frustration », se souvient l’épouse de l’ethnologue français Charles Stépanoff, avec qui elle a eu trois enfants.

C’est sans doute à ce moment-là que cette accro à Netflix – elle assure s’astreindre régulièrement à des cures de désintoxication aux séries – a commencé à mûrir les contours d’une école qui s’adapte en permanence au terrain.

« Quality assurance »

Spécialisés au départ dans le métier de développeur, les campus proposent sans cesse de nouveaux cursus qui font écho aux attentes des entreprises : sur la blockchain, la data, la cybersécurité et, tout récemment, la « quality assurance », ou test de programmes, un domaine qui devrait exploser d’ici peu dans les organisations.

Déjà, Anna Stépanoff a contribué à former plus de 2.000 profils âgés de 18 à 60 ans et créé 90 emplois dans 11 pays. En France depuis plus de quinze ans, sa maîtrise, absolument impeccable, de la langue de Molière se révèle bluffante. « J’ai lu ‘Guerre et Paix’ à l’âge de 13 ans. C’était en russe, mais j’ai été fascinée par les quelques phrases qui étaient en français », confie l’entrepreneure, qui va se ressourcer le plus souvent possible dans la maison du Perche où elle s’était installée au début de l’aventure de Wild Code School. C’est là, entre champs et forêts, au milieu de ses canards et de ses moutons, que l’experte en numérique se déconnecte.”

Julie Le Bolzer

Source : lesechos.fr, “Anna Stépanoff fait école dans le numérique”, paru le 25/2/20, par Julie Le Bolzer. https ://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/anna-stepanoff-fait-ecole-dans-le-numerique-1174499

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