École en nature, école des territoiresÀ Mouans-Sartoux, «le monde d’après» a désormais son école supérieure.

12 juillet 20200
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Un établissement supérieur d'un nouveau genre doit ouvrir à la rentrée 2020 à Mouans-Sartoux. Cette école veut tirer parti des attentes d'une grande partie de la jeunesse, pour repenser les questions d'environnement et de recherche à l'appui de nouvelles modalités d'enseignement.

“Et si le “monde d’après” avait son école supérieure, un lieu où l’humain et la nature sont au coeur de l’enseignement ? Découvrez le projet de LUMIÅ.

Le 21 septembre 2020 ouvrira une école supérieure d’un nouveau genre. Implantée dans un écrin de verdure de 7 hectares, dans une charmante bâtisse provençale de Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes), l’établissement promet de faire la part belle aux questions écologiques et sociales et à la mise en œuvre de projets concrets.

Son inauguration officielle était prévue courant mars, mais la crise sanitaire en a voulu autrement. Un contretemps, qui vaut désormais à LUMIÅ le surnom prometteur « d’académie du monde d’après ». Pour en savoir plus, nous avons rencontré Christophe Sempels, l’un de ses créateurs.

Comment est né ce projet un peu fou ?

Avec LUMIÅ, on a créé l’école qu’on aurait rêvé de faire. Aujourd’hui, les questions écologiques et sociales ne sont pas du tout enseignées. Puisque nous sommes convaincus que le changement passe par l’éducation, la compréhension et la capacité à entreprendre, nous avons décidé de créer un lieu inédit.

Qu’est-ce qui rend cette école si unique ?

Notre objectif est de faire des questions environnementales, sociales et territoriales une priorité. C’est une vision du monde très peu enseigné dans les écoles supérieures (commerce, ingénieur, science po etc…). Au mieux, on reste sur une approche très classique du développement durable relativement dépassée par nos savoirs actuels.

Un corps social sain et une économie saine pouvant prendre en charge les besoins humains ne peuvent pas s’opérer dans un environnement dégradé. La question est aujourd’hui de savoir comment on réinscrit l’activité humaine dans les grands cycles de la planète, de façon à ce qu’on puisse prospérer en tant qu’humanité. Depuis 11 000 ans, la Terre montre des conditions de stabilité inédites dans l’histoire de la planète. Un équilibre que nous sommes en train de menacer.

L’idée de l’école LUMIÅ est donc née d’une réflexion conjointe. On s’est demandé s’il ne faudrait pas partir des enjeux sociaux et environnementaux, étroitement liés à la question territoriale, et analyser ce que la planète nous offre comme capacité d’action pour définir des projets économiquement viables, plus compétitifs et plus attractifs que le schéma classique. On ne part plus de l’économie pour aller vers des sujets environnementaux et sociaux, mais on part de l’environnemental et du social pour aller vers l’économie. C’est un changement complet de paradigme.

Cette école va-t-elle former les utopistes de demain ou des entrepreneurs engagés ?

C’est l’action qui nous intéresse. Tout ce qu’on va enseigner à LUMIÅ vise explicitement la mise en œuvre et l’action et on insiste énormément sur la viabilité des projets. On cherche à attirer à nous des gens qui pensent que les modèles de développement sont insatisfaisants et qu’il faut radicalement changer les trajectoires.

On a d’ailleurs fait le pari de casser les codes de l’enseignement classique. On crée des promotions intergénérationnelles qui s’ouvrent à des parcours de vie très différents. Aujourd’hui, la moyenne d’âge de nos trente inscrits est de 31 ans et les étudiants ont entre 23 et 46 ans. On a des gens issus des sciences du vivant, des dirigeants d’entreprise, des ingénieurs qui ont 20 ans d’expérience, des scientifiques, des jeunes qui sortent d’écoles de commerce ou de science po.

Concrètement, qu’est-ce qu’on va apprendre à LUMIÅ ?

Notre programme de deux ans s’articule autour de trois grands axes : la reliance, la « reboot society » et un parcours de mise en œuvre de projet.

La reliance consiste à travailler sur soi, son rapport à l’autre et à l’environnement. On part du principe qu’un entrepreneur qui veut faire de l’impact un axe central de sa vie professionnelle doit avoir une bonne assise personnelle et la capacité d’identifier ses talents. Le parcours « Reboot society », quant à lui, consiste à comprendre la nature éminemment complexe du monde dans lequel nous vivons pour pouvoir l’aborder avec réalisme.

La deuxième année, le parcours réalisation invitera les étudiants à mettre en œuvre un projet sur des thématiques liées à la biodiversité et au climat, à la résilience des territoires (alimentation, santé…), aux énergies, aux low-tech…

On vous désigne comme « l’académie du monde d’après », c’est un terme qui vous parle ? L’école répond-elle encore plus aujourd’hui aux enjeux posés par la crise sanitaire ?

Nous nous trouvons effectivement dans une synchronicité qui rend notre proposition encore plus pertinente aujourd’hui qu’hier. C’est un projet que l’on mûrit depuis longtemps, indépendamment du contexte de crise sanitaire. Cependant, il est évident que la pandémie a généré chez de nombreuses personnes une accélération de la prise de conscience de notre vulnérabilité, de notre dépendance étroite à la qualité de l’environnement dans lequel nous évoluons. On a aussi vu que notre territoire était peu résilient face à ce genre de chocs.

En 2019, le maire de Mouans-Sartoux s’est retrouvé en finale pour le Grand prix des maires de France pour récompenser son engagement dans le développement durable. Le choix de cette ville n’est donc pas le fruit du hasard ?

La soutenabilité est la colonne vertébrale du projet de la ville depuis quarante ans, avec des actions très fortes sur le plan environnemental et social. C’est ce qui nous a incités, mon épouse et moi, à nous y installer il y a quelques années. Depuis, j’ai mené de nombreux projets en collaboration avec la ville. Implanter l’école ici coulait donc de source.

C’était également la première ville de France à créer une régie agricole qui alimente toutes les écoles de la ville ainsi que l’ensemble des restaurations collectives des personnels municipaux (EPAHD, mairie, etc…) en produits de maraîchage bio. Pour cela, la ville a préempté six hectares sur lesquels se trouve une superbe bâtisse que la ville a mis à notre disposition. Résultat, nous nous trouvons sur un formidable terrain d’expérimentation, en parfaite adéquation avec nos valeurs et notre envie d’agir.

Vous ressentiez une forte demande citoyenne au lancement d’une école innovante et engagée ?

Oui ! On sent que le monde de l’éducation est terriblement mis sous pression par la jeunesse. Il y a une réelle demande, voire une exigence à ce que l’enseignement et la recherche évoluent. Les associations étudiantes sont de plus en plus nombreuses à prôner un réveil écologique de l’enseignement et une intégration beaucoup plus poussée dans les filières classiques. Nous sommes très en lien avec cette jeunesse-là. Une partie de l’équipe de LUMIÅ est d’ailleurs à l’origine de la première COP1 étudiante qui a réuni plus de 1 500 jeunes à Paris en octobre 2019.

Cet engouement dépasse d’ailleurs largement le cadre de la jeunesse. Au moment du lancement du projet, nous avons reçu une série de précieux soutiens : le philosophe Edgar Morin, le climatologue Jean Jouzel, des explorateurs, des scientifiques, des économistes, des hommes et des femmes d’action. Tout cela nous fait dire que LUMIÅ était très attendue !”
Source : positiv.fr, “A Mouans-Sartoux, “le monde d’après” a désormais son école supérieure”, publié le 10/7/20 par Mathilde Sallé de Chouhttps ://positivr.fr/education-lacademie-du-monde-dapres-ouvrira-ses-portes-a-la-rentree-prochaine/

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