Éditos et analyses

7 novembre 20200
https://educfrance.org/wp-content/uploads/2020/11/nl26.png

Chaque semaine apporte son lot de combats en matière de liberté scolaire, a fortiori dans une période où sont attaquées frontalement l’instruction en famille et les écoles vraiment libres. 

On parle de liberté d’expression ; moins de liberté scolaire. Mais distinguer ces deux combats n’a aucun sens. Défendre la liberté d’enseignement, c’est défendre la liberté d’expression. Et vice-versa. D’abord parce toutes les libertés découlent d’une lutte intrinsèquement démocratique, et qu’à ce titre, les libertés se valent au moins sur un plan à la fois historique et politique.
N’est-il pas aberrant de prétendre défendre la liberté d’expression en s’attaquant à une autre liberté, tout aussi vitale pour la conservation d’un régime démocratique et d’une vie sociale normale ? Abroger la liberté d’instruire ses enfants dans la famille est-il pertinent au nom de la lutte contre l’islamisme ? La bonne application de la loi et du règlement suffirait à détecter plus efficacement les signaux faibles qui existent, mais qui par définition et de facto ne sont pas majoritaires.
Entendons-nous, entendons-les bien. L’interdiction de l’instruction en famille utilisée comme moyen de lutte contre les dérives fondamentalistes n’est ni logique, ni efficace. Pire. Une telle interdiction reviendrait à faire une concession problématique à tous ceux qui veulent s’attaquer aux libertés d’une nation démocratique. Elle aboutirait en effet à céder un pan supplémentaire de notre liberté. Ce qui n’est ni défendable ni admissible. 
Les contempteurs de la liberté scolaire s’en défendent. Ils parlent désormais de “limitation” de l’IEF… D’une simple réévaluation du champ de la liberté d’enseignement, si bien organisée dans notre pays que le Président prétend l’amputer d’une composante majeure, alors même que les rares chiffres disponibles sur l’école à la maison montrent qu’une écrasante majorité de familles la pratiquent pour des raisons légitimes…
Que recherche Jean-Michel Blanquer ? Et quelle serait la puissance, même symbolique, d’une mesure bientôt dépouillée de sa substantifique moelle et promise au destin d’une apparence de loi, dont le libellé symbolique ne constituerait qu’un modeste et temporaire satisfecit ? 
Il est temps de rappeler aussi qu’une interdiction du recours spontané, mais dûment justifié à l’instruction en famille donnerait lieu à la production de kyrielles de certificats de complaisance pour soustraire des enfants à la vie sociale.
Une triple faute, historique, politique et même sécuritaire.
Axelle Girard

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués : *

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Privacy Settings saved!
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos cookies ici.

Veuillez noter que les cookies essentiels sont indispensables au fonctionnement du site, et qu’ils ne peuvent pas être désactivés.

Pour utiliser ce site Web, nous utilisons les cookies suivant qui sont techniquement nécessaires
  • wordpress_test_cookie
  • wordpress_logged_in_
  • wordpress_sec

Refuser tous les services
Accepter tous les services