VIVRE ENSEMBLE?🇧🇪 Carte blanche: «La formation au développement de l’esprit critique doit faire partie de la formation initiale des enseignants» (Le Soir +)

5 novembre 20200
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Réflexions sur la formation de l'esprit critique en Belgique : une approche qui a le mérite de penser la question au-delà des contenus disciplinaires, par la formation des enseignants.

“Les futurs enseignants de toutes les disciplines doivent ĂŞtre outillĂ©s afin de pouvoir dĂ©velopper sans crainte les valeurs qui fondent le socle commun de la vie en sociĂ©tĂ©.

Alors qu’un avant-projet de décret modifiant le décret du 7 février 2019 définissant la formation initiale des enseignants est actuellement en première lecture au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, nous y constatons l’absence de cours de philosophie et de citoyenneté en tant que compétence nécessaire pour faire face aux situations de remises en cause des savoirs et des valeurs qui fondent la société démocratique et ce dans toutes les disciplines. Il nous paraît urgent que la formation initiale et continue des enseignants l’intègre et permette véritablement aux futurs enseignants de toutes les disciplines d’être en mesure de développer quotidiennement et sans crainte les valeurs qui fondent le socle commun de la vie en société, notamment le droit à la liberté d’expression, de conscience, le droit de croire ou de ne pas croire, l’égalité des sexes, le respect de l’Etat de droit, tout ce que garantit la laïcité.

Une vague de terreur

Trois semaines après l’ouverture du procès de l’attentat de la rédaction de Charlie Hebdo, le vendredi 16 octobre 2020, le terrorisme islamiste frappe une nouvelle fois la France. A Conflans, Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, est assassiné en pleine rue pour avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves lors d’un cours sur la liberté d’expression dans le cadre du programme scolaire. A Nice, le 29 octobre, dans un contexte international tendu entre la France, la Turquie et plusieurs pays musulmans, un sacristain et deux femmes sont sauvagement assassinés par un jeune homme âgé de 21 ans dans la basilique Notre-Dame de l’Assomption. Ces assassinats surviennent après un trop long cortège funèbre d’attentats qui ont frappé la France : l’école juive Ozar Hatorah de Toulouse, Charlie Hebdo, le Bataclan, des terrasses de café à Paris, l’Hyper casher, le prêtre Hamel dans son église, la promenade des Anglais à Nice, le marché de Noël à Strasbourg, la rue Appert le 25 septembre 2020. Et en Belgique : le Musée Juif de Bruxelles le 24 mai 2014, le métro de Bruxelles et l’aéroport de Zaventem le 22 mars 2016, Liège le 29 mai 2018. D’autres pays, européens et partout dans le monde, ont été aussi durement frappés. Les exécutants sont jeunes, natifs ou non mais empreints de radicalisme religieux.

Faire revenir la paix

Dans les classes, les professeurs sont souvent bien démunis pour aborder cette actualité ou enseigner des savoirs qui ne correspondent pas aux croyances des élèves, croyances exacerbées et manipulées par les réseaux sociaux. Face à l’agressivité manifestée sous de multiples formes allant jusqu’aux menaces ou au refus silencieux dans le meilleur des cas, il est urgent de venir en aide au monde enseignant. Ce n’est pas par la violence que la paix reviendra mais par l’éducation.

S’unir autour de valeurs communes

Après l’assassinat du professeur Samuel Paty, le Centre d’Action Laïque a rappelé une nouvelle fois la nécessité d’être unis autour de valeurs communes, démocratiques et respectueuses des droits et libertés de chacun. C’est l’une des missions prioritaires de l’enseignement obligatoire : préparer tous les élèves à être des citoyens responsables, capables de contribuer au développement d’une société démocratique, solidaire, pluraliste, respectueuse de l’environnement et ouverte aux autres cultures (Décret Missions / Code de l’enseignement fondamental et de l’enseignement secondaire).

Si l’école doit permettre Ă  tous les Ă©lèves d’acquĂ©rir des connaissances et de dĂ©velopper des compĂ©tences, celles-ci ne peuvent se limiter, se restreindre aux seuls contenus disciplinaires. Une telle approche met inĂ©vitablement en pĂ©ril les autres missions de l’école. Elle ne permet pas la construction, le dĂ©veloppement d’un citoyen critique et responsable, ne garantit pas l’émancipation sociale des Ă©lèves.”


Source : plus.lesoir.be, “«La formation au dĂ©veloppement de l’esprit critique doit faire partie de la formation initiale des enseignants»”. Par Thomas Herremans, prĂ©sident de la Ligue de l’Enseignement et de l’Éducation Permanente de Liège. https://plus.lesoir.be/335923/article/2020-11-04/carte-blanche-la-formation-au-developpement-de-lesprit-critique-doit-faire

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